Denis Podalydès: «Il pourrait y avoir de la poésie de gare»

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Publié le 2 mars 2009.

INTERVIEW - L'acteur parraine le Printemps des poètes, qui s'ouvre ce lundi...

A quoi doit-on cet engagement de l'homme de théâtre que vous êtes?

Au goût que j'ai depuis toujours de la lecture de poésie comme de la diction de poésie. A l'amitié que j'ai pour certains poètes, tel cet impeccable et infatigable Jean-Pierre Siméon [organisateur de la manifestation], qui en fait une question de vie ou de mort sans jamais prendre la pose que l'on croit ordinaire aux poètes. Au voeu que je formule que ce grand genre littéraire puisse demeurer bien visible en librairie. Et pourquoi pas dans les gares? Il pourrait y avoir d'ailleurs de la poésie de gare...

Le Printemps des poètes a pour thème «Le rire». Ça peut être drôle, la poésie?

Si j'avais le temps, des merveilles de drôlerie, je vous en trouverais dans Victor Hugo, dans Musset, dans Rimbaud, dans Baudelaire même. Si vous voulez plier en deux vos enfants, lisez-leur Les Animaux de tout le monde et Les Animaux de personne du génial Jacques Roubaud, essayez «le mouton à grosses fesses», un classique! Et Boileau! Les Satires! C'est à pisser, pardonnez-moi.

En boudant les «Ch'tis», les César n'ont-ils pas entretenu le mythe français selon lequel rire et culture ne font pas bon ménage?

Mais moi ça ne m'a pas tant fait rire que ça, les «Ch'tis». J'ai ri davantage au «Plaisir de chanter», d'Ilan Duran Cohen. Ou le film de Lea Fazer «Notre univers impitoyable». Ce qu'il manque aux «Ch'tis»? Peut-être bien une once de poésie...

La poésie, vous la voyez en essor ou comme une espèce protégée?

La poésie est à la fois menacée et indestructible, parce qu'il arrive toujours un moment où l'on y va de son petit poème, dans certaines circonstances de la vie où elle paraît alors une évidence. Mais l'important, c'est de lire les grands poètes, de les faire connaître, de les publier encore, et surtout d'en préserver la mémoire. Parce que la poésie, c'est d'abord de la littérature. 

Recueilli par Karine Papillaud
OUVERTURE AUX FOLIES… Le 11e Printemps des poètes sera inauguré ce lundi soir, à 20h aux Folies Bergères à Paris, au cours d’une soirée retransmise en direct sur France Culture. Jacques Bonnaffé sera le grand
ordonnateur de cette cérémonie pas sérieuse où seront convoqués les mots de Tardieu, Queneau, Ronsard, Dubillard, Henri Michaux, mis en voix par Fellag, Denis Lavant, Denis Podalydès ou Louis Sclavis… Entrée libre dès 19h dans la limite des places disponibles.
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