C'est pratiquement un plébiscite: 72% des Français ont une bonne image de leurs fonctionnaires et 73% en sont fiers. Même ceux qui n'ont aucun lien avec la fonction publique (ni eux ni les membres de leur famille n'y travaillent) se prononcent majoritairement en leur faveur (67%). Seules 4% des personnes interrogées se déclarent vraiment hostiles à leur égard, d'après un sondage «20 Minutes»-France Info, réalisé par l'institut Obea-Infraforces*.
La rémunération au mérite plébiscitée
Dans l'absolu, les Français seraient plutôt défavorables à une baisse des effectifs dans la fonction publique. Ils affirment même qu'il faut augmenter leur nombre dans les secteurs sensibles que sont la santé (92,5% sont pour des embauches), l'éducation (68,2%) ou la recherche (72,4%). Mais, dans le même temps, les Français se veulent réalistes: en ces temps de crise, et pour sauver le pouvoir d'achat des fonctionnaires, ils perçoivent finalement la baisse des effectifs comme un moindre mal, en comparaison de mesures qui conduiraient à une augmentation des dépenses de l'Etat. Du coup, c'est l'efficacité de la fonction publique qui est placée au centre des débats: plus de 60% des Français estiment que les fonctionnaires sont aussi efficaces que les salariés du privé, qu'ils savent se mobiliser pour les droits de tous les salariés (58%), qu'ils ne sont pas des «planqués» (74%), et qu'ils ne sont pas «payés à ne rien faire» (81,5%). Surprise: la rémunération au mérite séduit une part importante des personnes interrogées (76%), et des fonctionnaires eux-mêmes (70%).
Plutôt que de tirer à boulets rouges sur leurs fonctionnaires, les Français ont plutôt tendance à envier l'atout majeur de leur statut: la garantie de l'emploi. Ainsi, 73% recommanderaient à un proche d'entrer dans la fonction publique. Une fois sur deux, cet avis est motivé par le contexte de crise. Quant aux sondés, ont-ils déjà envisagé de travailler dans l'administration? Pas franchement, car seulement 18% des non-fonctionnaires y auraient déjà songé, se projetant davantage dans la fonction publique d'Etat (56%), que dans la territoriale (27,4%) et l'hospitalière (14,4%). Preuve aussi que les Français ont tendance à imaginer passer leur carrière soit dans le privé, soit dans le public, mais sans passerelle entre les deux secteurs.