Marc Lièvremont se met au Baby flou

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Publié le 25 février 2009.

RUGBY – Le sélectionneur a choisi un ouvreur de fortune pour défier le Pays de Galles vendredi...

C’est une charnière inédite et déroutante qu’a décidé d’aligner Marc Lièvremont vendredi contre le Pays de Galles. L’intéressé le sait: «Si on gagne, on sera des génies, si on perd, on passera pour des cons et des incompétents».  

En associant Morgan Parra et Benoît Baby, Lièvremont et son staff s’exposent à une volée de bois vert.  Le premier a déjà porté le numéro neuf  chez les Bleus contre l’Angleterre en 2008, hérite du rôle de buteur, lui qui n’est qu’une roue de secours dans cet exercice à Bourgoin. «Je m'entraîne tous les jours en club et tous les jours ici (à Marcoussis)», essaye de rassurer l’intéressé qui affiche 100% de réussite face aux perches… mais sur deux tentatives.

Baby a révisé devant sa télé

Pour le second, le défi s’annonce encore plus périlleux. Centre ou arrière à Clermont, Baby a seulement tâté du 10 lors de ses années de formation toulousaine.  Le Clermontois dispose de quatre jours d’entraînements pour appréhender le poste. Heureusement, il y a la télé et les potes pour parfaire son apprentissage : «J’en ai discuté avec Jean-Baptiste Elissalde et avec ma famille pour avoir des convictions. Après, j’ai regardé quelques matchs de Carter, Fred (Ndlr : Frédéric Michalak) et Skrela».

Beauxis blessé, Skrela et Michalak oubliés, Benoît Baby est donc chargé d’animer l’attaque française avec ses qualités de trois-quarts centre. «Baby n’a pas le jeu au pied de Beauxis», remarque Pierre Villepreux. «Il devrait plus attaquer la ligne et animer le jeu à la main. Après je ne sais pas trop ce qu’il peut donner à ce poste», concède l’ancien entraîneur du XV de France, loin d’être le seul dans ce cas. Plus instinctif que Beauxis, Baby est à la recherche du juste équilibre à ce poste qu’il aime mais ne pratique pas: «A l'ouverture, il faut que ce soit un peu cadré, mais j'aime aussi jouer à l'instinct, tenter les coups que je sens», explique-t-il.

«Semer le trouble chez les Gallois»

A rebrousse poil du pessimisme général, Christophe Lamaison fait confiance au bizuth. «J’aime bien son profil. Benoît a un jeu au pied long intéressant et sait défendre», remarque le recordman des points chez les Bleus. «Comme moi à l’époque, on lui a collé l’étiquette de polyvalent. Je pense que cette polyvalence va l’aider vendredi. Et puis, sa titularisation a au moins le mérite de semer le trouble chez les Gallois», développe l’ancien briviste qui affiche presque plus d’optimiste que Marc Lièvremont.

Handicapé par une préparation tronquée, coincé entre un choc du Top 14 qui a mobilisé neuf de ses joueurs dimanche dernier et la réception de l’épouvantail du Tournoi, le sélectionneur n'a pas caché qu'une victoire face aux Gallois tiendrait de l'exploit: «Si on est cartésien, on sait que ce genre d'exploit ne pourra pas se reproduire éternellement dans le rugby moderne». S’il souhaitait installer les Gallois dans un complexe de supériorité, le sélectionneur ne s’y prendrait pas autrement.

Alexandre Pedro
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