HAUT VOL - Laurence travaillait dans une société d’aéronautique. Son compagnon et complice est lui aussi mis en examen...
C’est de l’escroquerie de grande envergure, à faire défaillir un Julien Courbet. Laurence, 42 ans, est accusée d’avoir détourné 13,5 millions d’euros à son employeur
Cryospace Air Liquide, aux Mureaux, dans les Yvelines.
Incarcérée depuis le 23 septembre dernier, elle a été placée mardi dans l'unité psychiatrique de l'hôpital du Chesnay mardi après une tentative de suicide.
«Faux bons de commande, faux bons de livraison et vraies factures»
Cette femme travaillait depuis près de 20 ans chez Cryospace Air Liquide, membre du groupement d’intérêts économiques d’EADS, qui construit des réservoirs pour la fusée Ariane. Elle a été mise en examen pour «escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et blanchiment».
Embauchée au service des achats, elle avait mis en place un système de «faux bons de commande, faux bons de livraison et vraies factures» entre la mi-2004 et jusqu’en septembre 2008, date à laquelle l’entreprise va porter plainte. C'est ce qu'a précisé son avocat, Me Yves Beddouk, confirmant une information du
«Parisien».
Selon
le quotidien, l'escroquerie a été révélée grâce à un changement de méthode comptable, en 2007, qui met en place un système de facturation plus ciblé et économique: les responsables de l’entreprise découvrent alors qu’il manque des sommes importantes dans les caisses. Et comme dans les ateliers, les techniciens constatent dans le même temps que des produits commandés ne sont jamais arrivés, l'assistante qui s’occupe des achats devient suspecte.
Couple diabolique
Pour sa défense, l’employée dit avoir agi par amour: «Ma cliente a été une employée exemplaire pendant 15 ans et puis elle a rencontré son compagnon, son âme damnée», explique l'avocat. «Elle est l’outil, elle n’est pas responsable à grande échelle». Le compagnon de l’employée, technicien de Cryospace Air Liquide, est lui aussi incarcéré dans cette affaire et une demi-douzaine de complices ont aussi été mis en examen. L'homme serait à l'origine du système, qu'il a monté avec une dizaine de sociétés complices, encaissant les chèques de Cryospace pour des prestations fictives.
Alors que le concubin assume complètement ses actes, qui lui ont permis de flamber allégrement, cette femme est «aujourd’hui brisée psychiquement et physiquement, elle a perdu 23 kg», selon son conseil.
Depuis son incarcération, Laurence a abandonné à son ancienne entreprise tous les biens acquis frauduleusement, histoire de commencer à rembourser ses détournements.
Avec agence