Affaire Pérol: Pour Martine Aubry «nous ne sommes plus dans une République»

42 contributions
Publié le 25 février 2009.

POLEMIQUE - La nomination du haut fonctionnaire à la tête du groupe Caisse d'épargne/Banque populaire fait débat. Mais tous ne sont pas contre cette attribution...

C'est bien entendu du côté de l'opposition que les voix se sont fait le plus entendre, après l'annonce par Nicolas Sarkozy de la prochaine nomination d'un de ses plus proches conseillers à la tête d'un groupe bancaire. Didier Migaud, président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a estimé ce mardi qu'il fallait «refuser toute entorse à la déontologie».

Désigner à la direction de ce groupe un haut fonctionnaire ou un membre de cabinet «ayant directement influé sur le projet de fusion poserait un grave problème de principe», écrit le député dans un communiqué. En revanche, Didier Migaud estime que la nomination par l'Etat de François Pérol à la tête d'un groupe dont «l'Etat serait l'actionnaire principal pour y mener une politique conforme à l'intérêt général et définie de manière démocratique, pourrait apparaître légitime au regard des compétences reconnues du secrétaire général adjoint de l'Elysée».

Fin de la démocratie ou dramatisation?


Du côté de Martine Aubry, le gouvernement donne l'impression de vouloir cacher «d'immenses difficultés financières». «Il y a heureusement des règles dans la fonction publique. On ne peut pas prendre des postes de responsabilité dans les domaines dont on a eu la charge en tant que fonctionnaire (…) Il faut que Nicolas Sarkozy sache qu'il est le chef de l'Etat et qu'il n'a pas vocation à nommer les présidents de banques, après les patrons de presse, les procureurs et demain les juges d'instruction, parce qu'alors, on change véritablement d'Etat», a averti la maire de Lille. Dans la même lignée, Benoît Hamon, porte-parole du PS, a quant à lui critiqué le choix d'«un ami personnel de Nicolas Sarkozy», pour le poste. «Nous ne sommes plus dans une République avec une fonction publique qui remplit son rôle et une fonction privée (sic) qui désigne dans ses conseils d'administration des hommes et des femmes compétents pour les diriger», a-t-elle ajouté. Selon la secrétaire du Parti socialiste, il existe une règle de la fonction publique, selon lesquelle «on ne peut pas aller prendre des postes de responsabilité dans des domaines dont on a eu la charge en tant que fonctionnaire».

«On renoue là avec une vieille habitude de rapports incestueux entre la haute administration et les grandes entreprises qui était plutôt en régression ces dernières années», a déploré le député villepiniste François Goulard. «Pourtant, on a vu durant les années 1990 pas mal de hauts fonctionnaires mener un certain nombre de banques à la catastrophe».

Le «meilleur» pour Bertrand

Mais la nomination du major de l'ENA à la tête du groupe Caisse d'épargne/ Banque populaire ne choque pas toute l'opposition. Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal, a estimé lundi dernier que l'éventuelle nomination de François Pérol ne le gênerait «pas du tout». «Qu'un politique soit à la tête d'une banque dès lors qu'il est compétent, entouré de gens compétents, ça me paraît même une bonne chose», a déclaré l'ancien secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand.

De son côté, la majorité dénonce une polémique «malveillante». Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a dénoncé une «polémique systématique dès qu'il y a une nomination, notamment de la part du Parti socialiste». Selon lui, Nicolas Sarkozy effectue les nominations «sur la compétence, et en ayant en permanence à l'esprit l'ouverture». Même son de cloche du député (UMP) Hervé Mariton. «s'il y a un problème déontologique, il existe une commission pour le dire», a-t-il déclaré. «Je ne crois pas que le fait que François Pérol ait aidé à dénouer ce dossier constitue une raison suffisante pour nous priver de son talent». Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a, quant à lui, estimé que François Pérol serait «le meilleur» pour diriger le groupe fustigeant «les professionnels de la polémique».

Et les banques dans tout ça

Plusieurs dirigeants des Caisses d'Epargne se sont dits rebutés par les méthodes de l'Elysée au point de menacer de voter contre la fusion jeudi. Serge Huber, représentant des salariés au conseil de surveillance, juge «scandaleux» que l'Etat décide à la place des Caisses d'Epargne.

D'autres condamnent la «différence de traitement» avec BNP Paribas, à qui l'Etat prête 5 milliards sans contrepartie similaire. «C'est injuste et humiliant», estime un dirigeant. «Il y a une vraie révolte au sein du groupe contre les méthodes de l'Etat, qui sont des méthodes de voyou», renchérit une autre source.

MD avec agence
Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr