Morosité ambiante. Selon le bulletin des tendances régionales publié hier par la Banque de France, l'activité économique alsacienne a enregistré un « léger recul » le mois dernier. Conséquence d'une détérioration de l'ensemble des services à l'industrie, cette régression est marquée par « une demande très hésitante et des carnets de commandes qui perdent en consistance. Les prix sont orientés légèrement à la baisse et les trésoreries demeurent étroites. » Commune à presque tous les secteurs, la tendance touche surtout l'automobile, qui subit une nouvelle dégradation de ses cadences de production. Elle concerne notamment les équipementiers, à l'image de General Motors, qui a annoncé la semaine dernière 62 jours de chômage technique au sein de son usine strasbourgeoise.
Selon les prévisions de la Banque de France, le domaine de l'automobile dans la région pourrait connaître une chute de 12,1 % de ses ventes cette année. Globalement, le chiffre d'affaires de l'industrie pourrait régresser de 4 %, et seuls 19 % des chefs d'entreprises anticiperaient une amélioration de leur rentabilité. Compte tenu de ces perspectives, l'emploi devrait à nouveau être touché, notamment les CDD et l'intérim. Tous les secteurs industriels « prévoient une baisse de leurs effectifs, souligne la Banque de France, en particulier les producteurs de biens de consommation (- 5,5 %) et de biens d'équipement (- 3,7 %) ». A la fin du mois de décembre, l'Alsace comptait 59 170 chômeurs, soit 11,6 % de plus qu'à la même période en 2007. ■