Avec 206 millions d'euros récoltés en moins de trois heures, la vente Yves Saint Laurent-Pierre Bergé battait, dès lundi, le record pour une collection privée. Hier, à Paris, les prix ont continué de s'envoler sous les yeux d'un public ravi. « Comme beaucoup ici, je suis venu pour vivre un moment d'exception », se délecte Bertrand, 29 ans.
Pour autant, les experts refusent de voir dans cet événement exceptionnel un signe positif pour le marché de l'art, tant par la qualité et la quantité des oeuvres, que par l'aura des vendeurs. « Cette vente propose des ouvrages classiques et modernes, des valeurs sûres dont la rareté et le pedigree assurent le succès », explique Judith Benhamou-Huet, spécialiste du marché de l'art. Les collectionneurs semblent pourtant moins nombreux que prévu. Si les 1 200 places du Grand Palais sont prises d'assaut, seuls 50 enchérisseurs se battent pour les lots prestigieux. « Les personnes capables de mettre 30 millions d'euros pour un tableau ne sont pas nombreuses », note Judith Benhamou-Huet.
« Cette vente peut être considérée comme un "accident" dans la tendance de repli du marché, souligne Dominique Sagot-Duvauroux, spécialiste de l'économie de l'art. D'autant que la crise économique touche désormais des pays comme la Chine ou la Russie, dont les collectionneurs sont des piliers du marché. » ■