Pour répondre à l’adresse du président, l’opposition choisit en général une étoile montante du parti. Cette année, les républicains ont préféré le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal à Sarah Palin. A seulement 38 ans, fils d’un immigré indien, ultra populaire dans son Etat (notamment pour sa reprise en main après la gestion catastrophique de l'ourangan Katrina), Jindal fait partie des potentiels candidats pour 2012.
Mardi soir, il a commencé par se réjouir de voir «le fils d’un Kenyan et d’une Américaine» s’adresser au Congrès. Il a ensuite joué la carte du bipartisanisme jurant que «les républicains doivent être les plus solides partenaires du président là où nous sommes d’accord» mais aussi «être francs et de proposer de meilleures idées pour aller de l'avant» dans le cas contraire.
Passées ces politesses de circonstances, ce républicain plutôt très conservateur a dénoncé la politique «irresponsable» d’Obama en matière économique. «Qui parmi nous demanderait un prêt à nos enfants pour dépenser de l'argent que nous n'avons pas, pour des choses dont nous n'avons pas besoin? C'est précisément ce que viennent de faire les démocrates au Congrès», a-t-il accusé.
D’un ton d’animateur de Jeopardy en train de lire un indice, il en est revenu aux traditionnelles accusations contre des démocrates «dont la réponse aux problèmes est un gouvernement toujours plus gros». Les républicains, eux, croient que la solution viendra «des Américains» qui sont, comme le disait son père, «capables de tout».
Dans la petite dizaine de minutes de son discours, il a également présenté des excuses au peuple américain: «Nous avons manqué à nos engagement, en dépensant toujours plus et perdu votre confiance. Mais nous sommes déterminés à la regagner».
Verdict dans deux ans, pour les élections de mi-mandat. En 1994, deux ans après une élection triomphale, une poussée des républicains avait très largement compliqué la tâche de Bill Clinton.