Réforme territoriale: la gauche dénonce des «manoeuvres électorales»

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Publié le 5 mars 2009.

INSTITUTIONS - Alors que le comité Balladur doit présenter ses propositions pour réformer les collectivités locales, élus et membres du PS contre-attaquent…

Ils ont décidé de faire front commun. Elus de gauche et membres du Parti socialiste étaient réunis ce mardi à Paris, au siège du PS, pour dénoncer les propositions du comité de réflexion sur la réforme territoriale, mené par Edouard Balladur. Un rapport devrait être présenté à Nicolas Sarkozy la semaine prochaine. Avant même sa publication, les attaques fusent.

«Un big bang», «une formidable régression», «un jeu de mécano», «une grande magouille»: Martine Aubry, Premier secrétaire du PS, et Elisabeth Guigou, secrétaire en charge de la réforme de l’Etat et des collectivités territoriales au sein du parti, ou encore André Laignel, secrétaire général de l'Association des maires de France, dénoncent des mesures en contradiction avec les lois-cadres Defferre de la décentralisation, votées en 1982 sous le gouvernement Mauroy.

Départements et régions affaiblis

Principale inquiétude, la perte de pouvoir des départements et régions. Le comité envisage de limiter leurs capacités d'intervention, en les spécialisant dans des secteurs définis. Il souhaite par ailleurs limiter le nombre d'élus en créant des conseillers territoriaux siégeant à la région et/ou au département. Enfin, les régions passeraient de 22 à 15, le comité Balladur étudiant un rapprochement des deux Normandie, de Rhône-Alpes et de l'Auvergne, de la Bourgogne et de la Franche-Comté ou encore le dépeçage de la Picardie et de Poitou-Charentes.

Alain Rousset, président PS du conseil régional d’Aquitaine et de l’Association des régions de France, est formel: «Le problème n’est pas la taille mais les moyens des régions.» «En quoi le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne va-t-il apporter quelque chose? On va seulement additionner deux petits budgets, au détriment de l’innovation et de la compétitivité», ajoute le député de la Gironde. Elisabeth Guigou estime en outre que ces réformes «nuiraient à l’efficacité et à la pertinence des politiques de proximité».

«Trouille d’une déculottée électorale»

D’après les élus socialistes, le texte répond à des «manœuvres électorales». Alain Rousset ne voit qu’une explication à ces propositions «complètement tarées»: «La trouille d’une déculottée électorale lors des élections régionales de 2010 et cantonales de 2011». Et de préciser: «Lors des dernières élections régionales et municipales, la gauche a remporté une large victoire. En affaiblissant les régions, la droite pourrait rattraper un peu de terrain. Il n’est donc pas question d’intérêt général.»

Pour Martine Aubry, il s’agit d’une «remise en cause générale des différents contre-pouvoirs» que constituent les collectivités locales, la presse, la justice et l’opposition. La maire de Lille a annoncé le lancement d’une «grande journée» pour la défense des libertés menacées, le 22 mars prochain, réunissant élus et associations.
Audrey Garric
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