Non, tu ne seras pas baptisé, ta soeur sèche le catéchisme
183 commentairesRELIGION - C'est le raisonnement inflexible du prêtre de Saint-Jean-de-Boiseau, tout près de Nantes...
On ne rigole pas avec le caté. Delphine et Yann Chédorge sont mariés religieusement, ont trois enfants, des grands de 9 et 7 ans, et un petit dernier de six mois. C’est le bébé de la discorde.Ses parents veulent le baptiser comme ses deux aînés, qui sont d’ailleurs scolarisés en école privée. Ils rencontrent le prêtre de leur paroisse, au Pellerin, histoire de discuter un peu. «Il voulait savoir notre petite vie», racontent les parents à «Presse Océan». Sauf que les amabilités s’effondrent quand le curé apprend que l’aînée ne va pas au catéchisme. Sacrilège. Il refuse de baptiser le nouveau-né. Pas de caté, pas de dragée.
Le prêtre dans son droit... canon
Les parents sont outrés: «C'est de l'abus de pouvoir. Il fait de la discrimination. En donnant le baptême, nous ouvrons une porte à nos enfants. Ils sont libres de poursuivre dans cette voie, expliquent Yann et Delphine. ‘‘Je n'ai pas envie de connaître la vie de Dieu pour l'instant’’, nous a dit notre fille. En grandissant, nous ne lui interdirons pas le catéchisme si elle le souhaite.»
Choix de vie contre choix de vie. Pratique religieuse assidue contre libre-arbitre. Impossible de trancher. Le prêtre n’est en aucun cas obligé de baptiser le petit garçon.
Au diocèse de Nantes, le vicaire épiscopal René Pennetier soutient son curé et le clame à «Presse Océan»: « Le baptême n'est pas un dû sans conditions. Il faut assurer un minimum de choses. Afin de choisir de poursuivre ou non dans la foi, l'enfant doit avoir des clés pour comprendre et se déterminer.»
Un baptême noyé dans les fonds baptismaux
Et il propose une solution pour apaiser le conflit et contenter les deux parties: «Pourquoi ces parents imposent-ils le baptême à leurs enfants alors qu'ils souhaitent leur laisser l'autonomie de leurs choix? L'église est ouverte à tous et à tout âge. Ce nouveau-né pourra demander le baptême lorsqu'il aura grandi et choisi. On ne fait pas sa petite religion d'une religion.»
Bébé ne sera pas oint, en tout cas pas tout de suite. «Sans baptême, il manque quelque chose à notre enfant », conclut avec tristesse Delphine Chédorge, qui cherche une bonne âme dans les églises voisines. «Beaucoup de prêtres du pays de Retz me soutiennent et seraient prêts à baptiser mon fils, explique-t-elle à «20minutes». Mais il leur faut le feu vert du curé du Pellerin. Il a accepté de baptiser un autre enfant, dont la famille est dans le même cas de figure. C'est une profonde injustice.»
Quant à la petite garnement qui sèche le catéchisme, pas question pour les parents de lui imposer les aventures de Saint Pierre et Saint Paul: «On ne va pas céder au chantage.»
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