AIDES - Il veut une politique «plus juste» et «plus équitable»...
En ces temps de Salon de l’agriculture, l’Etat français refait sa cuisine. Il va redistribuer près de 1,4 milliard d'euros d'aides en faveur des filières agricoles qui souffrent, comme l'élevage. «Pour que cette politique continue, s'adapte, soit forte et dispose d'un budget substantiel, il faut qu'elle soit quatre fois légitime, sur le plan économique, écologique, social et territorial», a expliqué le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier.
«C'est une réorientation ambitieuse et raisonnable», a-t-il ajouté. Les exploitations concernées devront patienter. Ces aides ne seront attribuées qu'à partir de l'automne 2010.
Combler le fossé entre exploitations
Cette réforme permet une «réduction significative» des écarts entre les aides perçues par les exploitations. Désormais une exploitation sur deux touchera une aide comprise entre 250 et 300 euros l'hectare, soit deux fois plus d'exploitations qu'avant. Ces 1,4 milliard d'euros représentent 18% des aides directes reçues par les agriculteurs. Comme attendu, les céréaliers, principaux bénéficiaires des aides européennes, sont les premiers contributeurs de cette réorientation de la politique agricole française.
Le deuxième objectif est de rééquilibrer le soutien en faveur de productions structurellement fragiles: le lait de montagne (45 millions d'euros) ou encore l'élevage d'ovins et caprins (135 millions).
Coup de pouce pour les agricultures bio
Comme promis à plusieurs reprises, l'agriculture biologique, qui représente aujourd’hui 2% des terres agricoles en France, a obtenu un coup de pouce avec une enveloppe de 57 millions d'euros. Le lancement d'une production de protéines végétales, qui permettra de limiter la dépendance des agriculteurs, souvent obligés d'importer de l'alimentation animale, sera doté de 40 millions d'euros.
Enfin, un fonds d'assurance pour les aléas climatiques (100 millions) et un fonds sanitaire (40 millions) seront mis en place.
Un blanc-seing
L'accord de novembre sur le bilan de santé de la politique agricole commune (PAC) entre les 27 ministres européens de l'agriculture a ouvert la possibilité aux Etats-membres de réorienter leur soutien à leur agriculture.
«Certaines attentes ont été satisfaites, mais des craintes n'ont pas été levées», a commenté Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, premier syndicat agricole. La Confédération paysanne a de son côté fait part de sa satisfaction du soutien à l'élevage, particulièrement aux ovins, une filière que ce syndicat minoritaire a toujours défendue.
Avec agence