Le dernier film de Luc Besson banni de six salles du réseau UGC

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Publié le 23 février 2009.

CULTURE - «Banlieue 13 Ultimatum» serait trop trash pour le public de la banlieue parisienne?

Trop violent pour les banlieusards? Le film de Luc Besson, «Banlieue 13 Ultimatum» — la suite de «Banlieue 13» sorti en 2004, — n’est pas projeté dans six cinémas du réseau UGC, situé en périphérie parisienne: à Cergy-le-Haut, Noisy-le-Grand, Créteil, les Ulis, Vélizy et Rosny.
 
Le cinéaste s’en est ému ce lundi au micro de la radio Europe 1: «Ce n'est pas un boycott du film mais un boycott de banlieues, on m'a dit clairement qu'on ne voulait pas de ce public-là (...) C'est du racisme et de la discrimination.»

 
Interrogé par 20minutes.fr, UGC n’a pas voulu commenter, s’en tenant à rappeler ce que le directeur général, Jean-Marie Dura, a dit vendredi dans la presse: « Il y a un brassage de population dans toutes nos salles que l'on revendique. Nous sommes contre toute logique de ghettos, c'est pour cela que nous avons choisi nos plus grandes salles pour diffuser ce film comme l’UGC des Halles qui est facilement accessible à partir de toute la banlieue parisienne. Notre objectif est de remplir nos salles. Ce n'est pas à Luc Besson de choisir où nous allons diffuser les films». Une déclaration dans laquelle on ne trouve pas d’explication qui tienne.
 
Raisons obscures

L’absence du film de Besson sur certains écrans s’explique-t-elle par le contenu du long-métrage - l’histoire de banlieues devenues territoires de guerre et zones de non-droit pour la police? On a beau insister auprès d’UGC, aucune réponse. C’est pourtant ce que certains professeurs reprochaient aux séances scolaires organisées pour que les élèves voient «Entre les murs», le film de Laurent Cantet. «Ils voient, sur un écran, des élèves qui font le bordel en classe pendant une heure trente. Quand ils reviennent en classe, la vraie, juste après, que croyez-vous qu’ils font?», rappelle un prof d’histoire.
 
Des raisons de concurrence alors? Puisque chaque diffuseur est libre de disposer les bobines des films dans les salles de son choix, UGC aurait pu vouloir favoriser les entrées d’une salle plutôt qu’une autre. A cette question, toujours pas de réponse d’UGC, qui fait néanmoins comprendre qu’on n’est pas sur la bonne piste.

Pour l'instant, le cinéaste a écrit une lettre à UGC pour demander des explications et s'est adressé, sur les conseils du ministère de la Culture, à un médiateur qui servirait d'interface entre les deux parties.

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