Vous êtes international (18 sélections) et vous avez surtout évolué en Pro A (Cholet et Pau). Comment se fait-il que vous vous retrouvez en Pro B à l'Hermine de Nantes avec un statut de pigiste médical?
En fin de saison dernière, on s'est séparé à l'amiable avec Pau (Pro A). Il a fallu du temps pour qu'on se mette d'accord... Quand je me suis retrouvé au chômage, toutes les équipes étaient déjà constituées. C'était donc délicat de retrouver un club... Si les choses avaient été plus claires, plus tôt, j'aurais été sur le marché en mai-juin. Ca aurait donc été plus facile de trouver.
Comment l'avez-vous vécu?
Mal. Quand on est passionné de basket, c'est dur de se lever le matin et de se demander ce qu'on doit faire pour garder la forme... Je me suis senti délaisser, abandonner par le monde du basket français. Ca m'a permis de faire le tri entre les «vrais» et «faux» amis. J'ai vu ceux qui continuaient d'appeler et ceux qui ont arrêté...
Certains Bleus que vous avez côtoyés vous ont-ils appelés?
J'ai eu quelques textos de Tony Parker, mais on n’a jamais vraiment évoqué ma situation. Par mails, j'ai souvent Sacha Giffa. C'est à peu près tout...
Considérez-vous que c'est une grosse régression pour vous de devoir venir à Nantes?
Le sort a voulu ça. Par les temps qui courent, ce n'est pas toujours facile de retrouver une équipe en France. Je suis content d 'être là. Nantes est composé de joueurs français, que je connais. Et c'est la volonté du coach et du club de construire français. Ca me va!
Ca me fait bondir. Je le dis souvent en rigolant à mes proches, si on continue d'augmenter le nombre d'étrangers par équipes en France, je vais tout faire pour aller jouer en Chine! Regardez les mauvais résultats de l'équipe de France... Cette dernière en souffre, c'est sûr! Entre la génération de Tony Parker et les jeunes qui ont suivi, le passage de témoin ne s'est pas fait. En France, on n'ose pas lancer les jeunes. On veut des résultats tout de suite. Mais des victoires, ça ne se construit pas en deux mois mais en plusieurs années. Dans les autres Nations du basket européen, il y a beaucoup de joueurs qui évoluent depuis tout jeunes en Euroligue. Forcément, en France, on est en retard. Le basket français doit se remettre en cause, sinon on va droit dans le mur.
Certains clubs essaient de faire confiance aux jeunes Français...
Oui, il y a en encore quand même. Je me souviens en 2005, on perd avec Cholet, en finale de la Coupe de France, contre Gravelines. J'étais vraiment déçu car j'aurais tellement voulu qu'on prouve qu'une équipe composée quasiment que de joueurs français pouvait gagner quelque chose...