Procès AZF: les parties civiles veulent entendre Chirac, Jospin et Fabius

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Publié le 23 février 2009.

TOULOUSE - De notre rédaction toulousaine, voici les dernières nouvelles du procès...

16h35: les parties civiles veulent entendre Chirac, Jospin et Fabius
«S'ils se déplacent, le tribunal compte entendre le 19 mars Jacques Chirac, Lionel Jospin, Fabius», mais aussi le préfet de l'époque, Hubert Fournier, l'anien procureur de la République Michel Bréard ou encore le juge d'instruction Thierry Perriquet.

Chirac a envoyé un courrier au président du tribunal qu'il ne viendrait pas témoigner:  «l'article 67 de la Constitution m'interdit de témoigner»/.Par ailleurs, l'ancien président a jugé et que son témoignage ne serait pas de nature à contribuer «à la manifestation de la vérité». L'avocat qui l'avait fait citer pour connaître les raisons qui l'avaient poussé à déclarer l'après midi du 21 septembre qu'il s'agissait d'un accident a renoncé mais à préciser avec humour qu'il «ne désespérait pas qu'il se présente spontanément».

La partie civile maintient pour Jospin la citation. Fabius n'a pas répondu au tribunal, Fournier se tient à la disposition du tribunal et Michel Bréard sera entendu le 24 mars et l'ancien directeur régional du SRPJ, M. Dumas le 19 mars. Le juge d'instruction en charge du dossier, Thierry Perriquet sera entendu aussi le 24 mars

16h: deux personnes ajoutées à la liste des victimes
Après énoncé des chefs d'accusation à l'encontre de Serge Biechlin et de la société Grande-Paroisse, représentée par son directeur général Daniel Grasset, le tribunal a examiné la demande de deux familles afin que deux personnes soit ajoutées à la liste officielle des 29 morts officiels: une personne âgée décédée début octobre suite à ses blessures et une autre en janvier 2002 suite à une infection contractée durant une opération le 21 septembre: le bloc opératoire avait explosé et des poussières s'étaient répandues dans le bloc. Le tribunal a accepté la jonction de ses deux cas aux 29 autres.

Debut du procès

Serge Biechlin, l'ex directeur de l'usine, seul prévenu physique aux côtés de la société Grande-Paroisse, a pris place au premier rang. Chemise blanche, costard gris il est encadré par ses avocats: Maitres Bonnard et Soulez-Larivière.

>> Notre dossier sur le procès AZF ici...


Deux manifs
L'audience a été précédée de manifestations diverses à l'entrée du tribunal. Une marche de la Justice, d'une cinquantaine de personnes, a quitté à 11h la stèle de commémoration du 21 septembre pour rallier vers 12h30 le tribunal. «Nous espérons que l'opinion soit frappée par l'importance du nombre de gens encore sensibles à cette question. que cela serve de leçon pour les autres usines installées en milieu urbain car il y en a encore», déclare Francis Pornon, membre du comité de défense des victimes d'AZF.
L'association des ex-salariés a organisé sa propre manifestation: un rassemblement de 120 à 130 personnes devant l'antrée de la salle polyvalente transformée en tribunal. Les membres de AZF Mémoire et Solidarité ont tous coiffé pour l'occasion une casquette blanche demandant «La Vérité». «C'est le début de la fin du mensonge, nous l'espérons. Nous souhaitons que le tribunal fasse preuve de discernement pour constater que la thèse officielle [celle de l'accident chimique] est une fable», explique Michel Bouchardy, responsable de la commission «vérité» de l'association. «Nous attendons de ce procès qu'on ne nous amuse plus avec une thèse qui n'est pas la bonne», ajoute Jacques Mignard, son président. Frédéric Arrou, le président de l'association des sinistrés du 21 septembre est dans un tout autre état d'esprit:  «Nous n'avons rien de crédible sur les autres pistes et nous n'avons pas la prétention d'être meilleurs que les experts», dit-il.

Et la visite de José Bové
José Bové, tête de liste de Europe-Ecologie pour les élections européennes dans le Sud-Ouest, a fait le déplacement à Toulouse ce matin. «Après ce procès, on aura une partie de la réponse par rapport aux victimes mais ça ne suffira pas. Sur le long terme, il faut s'assurer que ça n'arrivera plus». Le candidat a fustigé la loi Bachelot de 2003 sur la sécurité industrielle, l'estimant «insuffisante».
A Toulouse, Hélène Ménal
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