CHRONOLOGIE - Voici les principaux jalons du mouvement social «contre la vie chère» qui a frappe la Guadeloupe pendant 44 jours...
- 5 mars: Le leader du LKP Elie Domota et le préfet Nicolas Desforges
ont signé mercredi soir un
accord appelant «à la reprise de l'activité normale» en Guadeloupe, après 44 jours de grève générale.
- 2 mars: Le LKP devait se prononcer sur une éventuelle suspension de la grève générale,
faute d'engagement écrits du préfet sur l'accord salarial. «Non seulement nous allons demander l'extension de l'accord, mais nous allons passer d'entreprise en entreprise pour le faire signer», a prévenu le porte-parole du LKP.
En Martinique,
l'accord qui paraissait le 26 février à portée de main continue d'achopper, avec une confusion sur l'objectif d'augmentation des bas salaires, qui a varié ces derniers jours entre 200 et 250 euros.
- 28 février: l'antenne guadeloupéenne du Medef ainsi que sept autres fédérations patronales refusent de signer l'accord salarial partiel validé par le LKP et une partie minoritaire du patronat dans la nuit de jeudi à vendredi. Elles veulent négocier sur leur propre proposition d'accord interprofessionnel «qui est sur la table depuis lundi».
- 26 février: Le Premier ministre François Fillon confirme le versement par l'Etat, à titre transitoire jusqu'à début 2011, d'un revenu supplémentaire de 80 euros par mois à tous les salariés touchant moins de 1,4 Smic. Après 11 heures de tractations, l'Etat, le patronat et le collectif LKP sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à un accord non définitif sur une augmentation de 200 euros des bas salaires, selon l'un des dirigeants de l'intersyndicale.
En Martinique, après deux nuits de violences,
le préfet Ange Mancini lance «un appel solennel» à la population pour qu'elle ne sorte pas «sans motif valable» après 19 heures. Même si cela y ressemble, il affirme toutefois qu'il ne s'agit pas d'un couvre-feu.
- 23 février: Les négociations entre LKP, patronat et Etat, suspendues le 20 février au soir, doivent reprendre à 16h. Affaibli politiquement, Yves Jégo a toutefois déclaré au JDD que sa démission n'était «pas à l'ordre du jour».
- 22 février: Plus de 3.000 personnes participent aux obsèques de Jacques Bino dans la ville natale du syndicaliste, Petit-Canal, à une trentaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre. La présence de Ségolène Royal est taxée par l'UMP locale de «récupération».
- 21 février: Forte
mobilisation en métropole pour soutenir les manifestants aux Antilles. A Paris, entre 10.000 et 30.000 personnes (selon la police et les organisateurs), la plupart d'origine antillaise, ont défilé de la place de la République à celle de la Nation. A Nantes, 700 manifestants ont défilé, une centaine à Strasbourg et quelque 200 à Lyon, Lille, Rennes et Limoges. Environ 500 personnes se sont rassemblées à Marseille comme à Toulouse.
- 19 février: Après 29 jours de grève, Nicolas Sarkozy sort de son silence. Il reçoit à Paris les parlementaires et présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et Martinique. A l’issue de la réunion, il propose de se rendre en Guadeloupe en avril pour ouvrir des états généraux de l'Outre-mer, mais seulement une fois le calme revenu dans l'île.
- 18 février: Jacques Bino, un syndicaliste de la CGT-Guadeloupe, est tué par une balle, tirée «depuis un barrage tenu par des jeunes» vers 0h30. Agent des impôts et membre du LKP, il était âgé de 47 ans. L’enquête n’a pas encore déterminé ce qui s’était réellement passé.
- 17 février: Les compagnies Air France, Corsair et Air Caraïbes donnent «un accord de principe» sur un
report des vols vers la Guadeloupe et la Martinique sur la même destination et dans le délai d’un an. L'aéroport de Pointe-à-Pitre est fermé dans la journée, la sécurité ne pouvant être assurée en raison du manque de personnel.
- 16 février: Une dizaine de
barrages routiers sont érigés autour de Pointe-à-Pitre.
La nuit est très agitée, avec des barrages en feu et des vitrines de magasins éventrées.
- 13 février: Nicolas Sarkozy annonce devant le Conseil des ministres la mise en place, «sans délai», d'un
Conseil interministériel de l'Outre-mer. Yves Jégo déclare que les mesures d'Etat pour les Antilles seront applicables à la Réunion et en Guyane.
- 11 février: Une note établie à l'attention d'Yves Jégo sur la fixation des prix du carburant aux Antilles et en Guyane
s'avère accablante pour les compagnies pétrolières, accusées de s'enrichir parfois «sans cause» sur le dos des consommateurs. François Fillon nomme deux médiateurs pour la Guadeloupe afin d’assister Yves Jégo.
- 10 février: Yves Jégo
revient aux Antilles.
Il assure que l'Etat mobilisera près de 190 millions d'euros pour la mise en œuvre de tous les points évoqués dans les négociations. La demande du patronat guadeloupéen de voir l'Etat financer une hausse de 200 euros sur les bas salaires a, elle, été refusée par François Fillon.
- 8 février: Un préaccord sur une hausse de bas salaires est trouvé entre patronat guadeloupéen et LKP, qui doit être d'abord soumis à Matignon.
Yves Jégo annonce son retour à Paris. Un départ soudain mal perçu par les Guadeloupéens.
- 6 février: En Martinique, début des négociations entre Etat, élus, patronat et le «collectif du 5 février», qui mène la grève générale.
- 5 février: Un collectif composé de douze syndicats déclare la grève générale en Martinique. Entre 15.000 et 20.000 manifestants se rassemblent à Fort-de-France pour réclamer, comme en Guadeloupe, une augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux, ainsi qu'un contrôle des prix.
- 4 février: Début des négociations «quadripartites» (LKP, patronat, Etat, collectivités territoriales). Yves Jégo annonce la réouverture de 25 stations-service et l'application du revenu de solidarité active (RSA) dans l'île dès cette année, soit avec un an d'avance. Il propose par ailleurs une baisse de 10% des prix de 100 produits de première nécessité dans la grande distribution ainsi que 40.000 billets d'avions aller-retour à 340 euros Pointe-à-Pitre/Paris pour «les Guadeloupéens les plus modestes».
- 1er février: Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, arrive en Guadeloupe «pour une durée indéterminée», le temps de trouver une issue au conflit social.
- 31 janvier: Les conseils régional et général de la Guadeloupe proposent 54 millions d'euros au LKP, qui refuse.
- 29 et 30 janvier: 12.000 à 18.000 personnes manifestent à Pointe-à-Pitre.
- 20 janvier: 49 organisations réunies dans un «Comité contre l'exploitation outrancière» (LKP) appellent à la grève générale. Elles réclament notamment une baisse du prix des carburants, des produits de première nécessité, des impôts et des taxes, ainsi qu'une hausse du salaire minimum de 200 euros. Les blocages affectent les secteurs de l'éducation, des transports, du bâtiment, de la santé, du tourisme, de l'hôtellerie, de l'électricité ou de l'eau, qu’ils soient privés ou publics.
- 19 janvier: Les gérants des 115 stations-service de Guadeloupe annoncent la fermeture illimitée de leurs établissements.
A. G.