Avec son troisième opus, L'un est l'autre, Ridan règle un malentendu. Il n'est pas qu'un poète aigri du quotidien. « Avant de commencer à écrire, je me pose la question : " Je me sens comment aujourd'hui ?" Et je prends cette journée en référence, elle donnera sa teinte à l'album. Là, je me sentais bien, il y avait de l'enthousiasme, j'avais envie de lumière. » De sa voix rugueuse, de celles qui écorchent les émotions, Ridan chante les rapports à l'autre, complexes et parfois déroutants mais toujours enrichissants. « La clé de la compréhension de son soi intérieur passe par l'acceptation définitive de l'autre. L'autre est, a le droit et doit être différent. »
Apaisé, Ridan n'a pas pour autant réglé son compte à l'amertume, qui fait souvent le sel de ses rimes. « C'est ma nature... Et la réalité de nos vies est toujours aussi difficile. Il y a une différence entre mettre de la lumière et faire de la magie. » Plusieurs années après le tube Ulysse, on sent que l'enjoué Passe à ton voisin pourrait connaître le même sort. Mais Ridan s'en soucie peu. « Je n'attends rien de glorifiant de mon métier. Si mon parcours artistique croise le chemin de la reconnaissance, pourquoi pas ? Mais les gens sont plus sensibles à une poignée de main qu'à un bout de mon tee-shirt, et ça me rassure. Je suis citoyen avant d'être artiste. Je suis à la recherche d'émotions dans cette vie. Artiste est un statut socioprofessionnel qu'on m'a collé sur le dos. » Le chanteur ressent L'un est l'autre comme le dernier album d'une trilogie. Et après ? « Je ne sais pas encore et c'est pas plus mal comme ça. Vivre dans le questionnement permanent de ce qu'on va faire plus tard ne m'intéresse pas. J'ai plus la trouille de la fin de ma respiration que de la fin de l'inspiration. » ■