Quel bilan tirez-vous de vos mondiaux, après les épreuves individuelles ?
Assez correct. Je termine quatre fois dans les dix premiers dont une fois à neuf dixièmes de la médaille. Evidemment, en championnat du monde, il n'y a que la médaille qui compte. Mais c'est quand même encourageant.
Vous repartez tout de même de Corée avec une médaille d'or autour du cou, en relais mixte...
C'est une super médaille. Elle fait vraiment plaisir à tout le monde. Nous, les athlètes, les coachs, les techniciens. C'est vraiment la victoire d'une équipe. On a un groupe très jeune qui bosse bien. Moi, je me considère un peu comme un ancien. Mais ça fait vraiment plaisir, puisque c'est ma seule médaille ici.
Les menaces sur votre site Internet vous ont peut-être perturbé ?
Non, ça va. Je ne le vis pas mal. Les menaces de mort, ça fait réfléchir. Surtout quand vous êtes auprès du public en permanence. Ici, il y a pas mal de supporters russes. Mais j'ai pu m'expliquer avec les médias russes après la victoire dans le relais mixte. Je leur ai bien expliqué que je dénonce des pratiques et non des athlètes. Mais là-bas, les athlètes dopés passent pour des victimes, alors c'est compliqué.
Vous ne vous êtes pas rétracté...
Non, heureusement. Je n'ai pas à le faire. Ni à me justifier. Je ne suis pas le seul à avoir parlé et reçu des menaces. On est six ou sept biathlètes à l'avoir fait, avec Bjoerndalen ou Roesch. On n'a pas peur de dire que ces gens [les dopés] sont des menteurs. Et même des voleurs. On a pris position et je ne vais pas me dégonfler. Ce serait leur donner raison.
Le dopage est-il tabou dans le biathlon ?
Pas du tout. Tout ce que je dis sur mon site, ce n'est pas des conneries. On sait qu'il y a du dopage. Sur les courses, on en discute. Il nous arrive d'avoir des suspicions sur certains quand on les voit nous doubler.
Cela arrive souvent ?
Un peu moins depuis les contrôles positifs des Russes. On se rend compte que les temps en ski ont relativement baissé. Ils sont un peu plus normaux, je dirais. Et tant mieux, parce quand on ne se bat pas avec les mêmes armes que les autres, on ne peut pas être devant. Moi, on peut me suivre 365 jours par an, il n'y a pas de problème. Je ne prends que de la vitamine C et de l'Efferalgan quand j'ai mal à la tête. ■ Recueilli par Romain Scotto
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