Prévue début mars, l'ouverture du parking du centre commercial Leclerc de Saint-Orens suscite l'angoisse des riverains. Le drame du 12 août est visiblement bien ancré dans les mémoires. Ce jour-là, sur le chantier, Grégoire Dodohora, un père de famille intérimaire de 49 ans, meurt écrasé par plusieurs tonnes de gravats. En cause, une poutre qui a ripé avant d'entraîner dans sa chute une dalle du second étage. Effet domino oblige, la dalle inférieure ainsi qu'un pilier ont cédé à leur tour.
Aujourd'hui, plus de six mois après les faits, des riverains du centre commercial se méfient toujours autant de cet ouvrage. Certains n'hésitent pas à faire circuler sur Internet un message des plus alarmistes. Pour eux, « il n'est absolument pas sûr que les plaques en béton tiennent » car, croient-ils savoir, « l'écroulement a abîmé une grande partie du chantier ». Pire, « les ouvriers ont été informés qu'ils travaillaient dans un édifice au bord de l'effondrement ». Au final, il serait question « de raser entièrement le chantier et de le reconstruire ». Et de conclure : « Si vous tenez à votre vie et à votre voiture, ne vous garez pas dans ce parking aérien. »
Une vision que ne partage nullement la société Leclerc, qui affirme qu'il n'y a aujourd'hui « aucun problème » sur son parking. Idem du côté du parquet de Toulouse, qui continue de mener l'enquête sur les circonstances de l'accident. « Des vérifications et des sondages ont été réalisés. Il n'y a absolument aucun souci concernant la sécurité sur cet ouvrage. Les seules erreurs constatées concernent la poutre en question qui n'a pas été montée et consolidée correctement », explique un porte- parole.
Ce dernier promet que courant avril, le parquet sera en mesure de désigner la personne morale et physique responsable du drame. Et de conclure, « nous engagerons alors des poursuites pour homicide involontaire ». ■