« Dans nos entreprises on continue à travailler dans des conditions précaires avec la volonté de sous-traiter au maximum. Rien n'a changé », insiste Jean-Michel Petit, secrétaire général de la Fédération nationale des industries chimiques CGT. Son syndicat sera présent cette après-midi lors de l'ouverture du procès AZF. Il s'est même constitué partie civile, histoire de pouvoir participer aux débats. Car pour son représentant, ce procès « sera celui de l'organisation du travail ». Le recours massif à la sous-traitance sur le site serait une des explications de l'accident industriel selon les responsables de la CGT. « Les salariés sous-traitants ne maîtrisent pas forcément car ils sont très peu formés. Du coup, les conditions sont créées pour ce genre d'accident », enchaîne Philippe Saunier, en charge des questions de santé au travail chez la CGT Total.
D'autant que pour lui, « sur les questions de sécurité, une des règles de base est de dire quand cela ne va pas, or en général les sous-traitants et les intérimaires ne le disent pas pour ne pas perdre les contrats ». Et plus de huit ans après, « les enseignements n'ont pas été tirés. Ils mettent de l'argent sur les questions de sécurité pour des caméras, des détecteurs... mais cela ne suffit pas car ils continuent à supprimer des postes », dénonce le délégué syndical central CGT de GPN, ex-Grande-Paroisse. La réponse apportée par la loi Bachelot, suite à l'explosion de l'usine AZF, n'a pas non plus convaincu ces militants, notamment en termes de moyens donnés aux directions régionales pour les inspections des sites Seveso. ■Lire aussi p. 8 à 11