Après une décrue de 12 % en 2006 par rapport à l'année précédente, le nombre global d'accidents augmente depuis 2007 dans la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS). C'est ce qui ressort des dernières statistiques de la collectivité. Le nombre d'incidents est passé de 541 en 2006 à 562 l'année suivante (+ 4 %). Et en 2008, on dénombrait 580 accidents, soit 3 % de plus qu'en 2007. Les blessés passent de 645 à 687 personnes de 2006 à 2008. En revanche, on déplore moins de tués : 4 en 2008, contre 11 en 2007 et 14 en 2006.
Si Olivier Bitz, l'adjoint au maire (PS) en charge de la prévention, qualifie d'« encourageant » ce recul, il estime que ces chiffres ne peuvent être considérés de « bons ». Les cyclistes, en particulier, paient un lourd tribut. Le vélo est en effet très utilisé à Strasbourg, où l'on totalise plus de 500 km de pistes cyclables, et le réseau ne cesse de s'étendre. De 2006 à 2007, le nombre d'accidents impliquant une bicyclette a bondi de 12 %, avec 2 tués et 143 blessés. Et s'il n'y a pas eu de mort l'an passé, le nombre de blessés a encore augmenté, pour s'établir à 157 personnes.
Ces chiffres regroupent toutes les victimes des accidents impliquant un vélo, des piétons pouvant être blessés dans des collisions. Comme chez les automobilistes, la police municipale dit relever régulièrement chez les cyclistes des comportements dangereux, tels que le non-respect des feux tricolores. Par ailleurs, entre la moitié et un tiers des cyclistes ne seraient pas équipés d'éclairage et, quand ils en ont un, « ils n'ont pas le réflexe de le mettre en ville, car ils se croient visibles du fait de l'éclairage public, ce qui n'est pas le cas », selon un responsable de la police municipale. Pour Jean Chaumien, président du Comité d'action deux-roues (Cadr 67), le problème des infrastructures doit aussi être posé. « On se rend compte aujourd'hui qu'il n'était peut-être pas judicieux de mettre des pistes cyclables sur les trottoirs. Il faudrait les installer en site propre sur la chaussée, en réduisant à une seule file la circulation des voitures, par exemple sur l'avenue Jean-Jaurès. » ■L. M.