La tension monté d'un cran. Le procès en appel d'Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998 doit reprendre cet après-midi. Au programme: les conclusions des assesseurs chargés du supplément d'information ordonné jeudi. Les deux magistrats ont enquêté sur les révélations de Didier Vinolas, ancien adjoint d'Erignac, concernant deux membres du commando à l'origine du crime qui n'auraient jamais été inquiétés. Des informations que Vinolas aurait déjà livrées en septembre 2002 à différents magistrats et policiers et dont la défense de Colonna se demande si elles ont été exploitées.
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Les deux noms enfin annoncés
Les juges ont entendu, vendredi, l'informateur de Vinolas. Il s'agit de Michel Poirson, un ex-policier de la Direction centrale des Renseignements généraux, dont certaines sources policières - qui le disent capables de monnayer ses tuyaux - livrent un portrait peu flatteur. On saura aujourd'hui quels sont les deux noms donnés par Poirson à Vinolas et, surtout, si ces personnes apparaissent déjà dans la procédure. Selon Le JDD, il s'agirait de deux proches du mouvement nationaliste, déjà mis hors de cause.
En attendant, la défense du berger de Cargése est passée à l'attaque. Après le rejet de la requête en récusation du président de la cour, Didier Wacogne, accusée de partialité et de déloyauté, une réunion de soutien à Yvan Colonna a rassemblé quelque 600 personnes à Ajaccio samedi soir. Ses avocats ont appelé à la mobilisation et dénoncé un «tribunal inquisitoire» et une «instruction à charge», ainsi que les «amitiés» de certains protagonistes du procès avec Nicolas Sarkozy. «Le jeu est pipé, les juges sont des faussaires, des tricheurs et nous allons malgré tout continuer à les affronter», a tonné Me Sollacaro invitant les Corses à «investir la salle [d'audience] et protester chaque fois que le Président nous insulte».