Et vous, où étiez-vous le 21 septembre 2001?

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Publié le 23 février 2009.

AZF - «20 Minutes» a interrogé des personnalités...

Yves Cochet Député Vert, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement de juillet 2001 à mai 2002.
«Nous l'avons appris en fin de matinée. J'étais alors au ministère. Dès cet instant, un de nos plus gros problèmes a été de joindre Toulouse: tous les réseaux étaient saturés, les portables ne passaient plus. Notre deuxième problème a été de nous rendre sur place. Nous avons été en concurrence avec la moitié du gouvernement. Or le ministre chargé des questions de sécurité industrielle, c'était moi. Nous avons fini par atterrir en début d'après-midi. C'était la désolation complète. Aujourd'hui encore, je n'ai pas de conviction à 100% sur les causes de l'explosion. Après AZF, durant mon année au gouvernement, j'ai consacré la moitié de mon temps à renforcer les inspections des usines à risque.»

Pierre Cohen Député-maire (PS) de Toulouse.
«J'étais dans mon ancienne mairie de Ramonville [près de Toulouse], en train de faire passer un entretien d'embauche. Quand j'ai entendu le premier petit "boum", j'ai cru qu'il s'agissait d'un problème interne. Lorsque la forte détonation a retenti, tout le monde s'est précipité dehors. Dans les premières minutes, les informations que nous recevions évoquaient des attentats. Quand on a appris qu'il s'agissait de "l'Onia", nous avons tenté d'organiser la mise à l'abri des élèves du lycée Bellevue. A Ramonville, protégée par une colline, les fenêtres n'ont pas explosé, et les consignes de confinement pouvaient être appliquées. L'après-midi, je suis allé dans le quartier d'Empalot, situé sur ma circonscription. J'ai trouvé des habitants coupés du monde et compris l'ampleur du désastre.»

Christophe Revault Gardien du Havre Athletic Club, ex-gardien de TFC.
«Je m'en souviens comme si c'était hier, et je considère toujours qu'avec mon épouse et ma fille, nous sommes des miraculés. Nous venions d'emménager sur les coteaux de Pech David. Comme nous n'avions pas entraînement, j'étais dans mon lit en train de lire L'Equipe, quand la maison a littéralement explosé. Ma fille était dans son parc près de la seule baie vitrée qui n'a pas explosé, et ce sont les plafonds en contre-plaqué et la laine de verre qui, en nous recouvrant, nous ont protégés des éclats de verre. J'ai immédiatement pensé à un attentat. Nous avons mis nos affaires en sécurité pour éviter les pillages, puis mon coéquipier Stéphane Lièvre nous a hébergés pendant deux mois. J'espère que le procès permettra de faire la lumière sur ce qui s'est réellement passé. Et je le suivrai, même depuis Le Havre, avec une très grande attention.»

Frédéric Arrou Président de l'Association des sinistrés du 21 septembre.
«Pour la première fois, on laissait ma fille de 8 ans, Léa, seule à la maison. J'étais parti faire de la rééducation dans un cabinet de kiné de la place Dupuy. J'ai senti le sol trembler. J'ai perçu un truc diffus, mais je n'ai pas entendu l'explosion, plutôt comme un bruit sourd. Je suis sorti. Les voitures étaient arrêtées, les gens sidérés. Une "créature" est sortie de sa voiture, et a dit: "Il y a eu deux attentats, un au Capitole, et l'autre place Saint-Georges." Bizarrement, mon portable a sonné, alors que toutes les communications étaient coupées. "Papa, papa, la maison a explosé!» J'ai sauté sur ma moto et j'ai traversé Toulouse à toute vitesse.»

Jacques Mignard Président de l'association AZF-Mémoire et Solidarité (ex-salariés), délégué CGT et moniteur de sécurité de l'usine.
«J'étais au pied de la tour rouge et blanche. Je descendais d'un camion et je rentrais dans la salle de contrôle de l'atelier d'urée, situé à 350m du cratère. Je n'ai pas mémorisé le bruit. Les images, oui, et la sensation de chaud. Ma première pensée a été qu'une explosion s'était produite sur l'unité d'ammoniaque, le secteur dangereux de l'usine. En me tournant, j'ai pensé que c'était l'atelier de fabrication de nitrate, mais pas le hangar de stockage. Je suis allé très rapidement au point de rassemblement de la porte C. Là, un gars nous a dit: "On nous a fait sauté l'usine!" Je lui ai répondu: "Tu racontes des conneries..."»

Jean-Pierre Havrin Ex-directeur départemental de la sécurité publique, adjoint au maire de Toulouse (sans étiquette).
«Je sortais d'une réunion animée à la préfecture. En passant en bas des allées Jean-Jaurès, j'ai senti la voiture trembler, puis j'ai entendu une détonation. Des vitres sont tombées. Puis deux policiers sont sortis de la station de métro, en me disant: "Patron, y a eu un attentat dans le métro!" Heureusement, la radio de la police fonctionnait. En l'espace de 7 à 8 minutes, on m'avait informé d'une campagne d'une dizaine d'attentats... jusqu'à ce qu'on nous indique que l'explosion s'était produite à "l'Onia". Je suis rentré au bureau, et j'ai choisi d'organiser des patrouilles. Puis est survenu ce que j'appelle le "sur-accident": l'arrivée du président de la République, du Premier ministre et d'une cohorte d'officiels dont nous devions assurer la sécurité. On n'avait vraiment pas besoin de ça!»

Hélène Ménal et Béatrice Colin
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  • Mat31 23.2.2009 - 13h44

  • girit31 23.2.2009 - 13h32

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