Depuis le 21 septembre 2001, plus aucun avion ne peut passer le mur du son au-dessus de la Ville rose sans que le standard du commissariat explose. Ce jour-là, à 10h17 et 55 secondes, une gigantesque déflagration a secoué Toulouse. D'abord, la terre a tremblé, puis une formidable détonation s'est fait entendre, suivie d'un souffle dévastateur. En plus des trente décès, l'explosion a blessé directement plus de 2.500 personnes, provoqué des séquelles psychologiques et auditives chez 20.000 autres. Elle a transformé le sud de la cité en paysage d'apocalypse, sinistrant près de 30.000 logements.
A Toulouse, le traumatisme est tel que l'Institut national de veille sanitaire estime qu'un tiers des habitants localisés dans un rayon de 1,7km autour du cratère ont eu recours à un traitement psychotrope du fait de l'explosion.
La source de la catastrophe se situe dans le hangar 221 de l'usine Azote Fertilisant, appartenant à Grande Paroisse, ce site chimique que les anciens préfèrent (toujours) appeler «l'Onia». Trois jours après l'explosion, et alors que les images des attentats du 11 Septembre tournaient en boucle, Michel Bréard, le procureur de la République de Toulouse déclarait: «Il y a plus de 90% de chances que ce soit un accident industriel.» Après six ans d'enquête et fort de 70 rapports d'expertise, le juge d'instruction est arrivé à la même conclusion. Pour les enquêteurs, l'explosion d'AZF est due à un mélange accidentel de produits chimiques incompatibles.