Hors norme compte tenu de sa longueur, de son ampleur et du nombre de ses acteurs. Le procès qui s'ouvre ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Toulouse est à la mesure de l'énorme explosion de l'usine AZF, qui a ébranlé la Ville rose le 21 septembre 2001 et fait trente morts. Durant quatre mois, il doit aborder la plus grosse catastrophe industrielle d'après-guerre survenue en France. Sa «dimension exceptionnelle», selon le procureur de la République, Michel Valet, s'explique par le nombre de victimes concernées. A ce jour, 1.813 d'entre elles se sont porté parties civiles. Pour les accueillir, la salle municipale Jean-Mermoz a été mise à la disposition de la justice, et un chapiteau a même été érigé.
Cinq juges, dont deux suppléants, auront la lourde charge de mener les débats, d'explorer les 109 tomes (et 53.820 pages) du dossier d'instruction, et d'entendre les quelque 150 témoins et 35 experts qui se succéderont à la barre. Face à eux, une seule personne physique pour répondre «d'homicides et blessures involontaires»: l'ancien directeur de l'usine, Serge Biechlin, mis en examen au côté de la société Grande Paroisse (groupe Total), en qualité de personne morale. Et malgré l'opposition de leurs avocats, ces seize semaines de procès seront filmées. Une première pour un jugement devant un tribunal correctionnel.