Six personnes au total, dont une femme, se trouvaient toujours en garde à vue lundi matin à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris après la mort d'un policier tué samedi à La Courneuve en Seine-Saint-Denis par balles, selon une source policière. Ils ont été entendus dimanche dans les locaux de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris, Quai des Orfèvres. Selon la police, qui confirme ainsi une information donnée par Europe 1, ces personnes ont été interpellées à La Courneuve dans un immeuble situé à proximité du drame de la veille. L'arme du policier a été retrouvée dans le local à poubelles de l'immeuble, a ajouté la source policière.
Communauté indo-pakistanaise
Selon le maire PCF de La Courneuve, Gilles Poux, «une rixe a opposé samedi soir des gens qui sembleraient d'origine indo-pakistanaise» dans le quartier «très passant mais pas particulièrement difficile» des Quatre-Routes, où «de nombreux commerces ont été rachetés» par des membres de cette communauté. «Ce n'est pas le milieu du grand banditisme mais un milieu sri-lankais ou pakistanais de fêtards, où certains s'adonnent parfois à la fraude commerciale», a expliqué de son côté à l'AFP Frédéric Lagache, secrétaire national du syndicat Alliance (deuxième syndicat de gardiens de la paix). «Je ne sais ni pourquoi, ni comment ce collègue s'est retrouvé là, peut-être a-t-il voulu porter assistance, mais on évacue totalement l'hypothèse d'un règlement de comptes», a ajouté Frédéric Lagache.

Le fonctionnaire «fréquentait beaucoup le quartier»
Une source proche de l'enquête a précisé à l'AFP que le policier décédé avait été entendu comme témoin, dans une récente affaire d'extorsion de fonds au détriment d'un membre de la communauté pakistanaise et que dans le cadre de cette même affaire un autre policier de la Courneuve avait été placé en détention avant d'être libéré il y a quelques semaines. La même source a ajouté que le fonctionnaire «fréquentait beaucoup le quartier» où il a été abattu.
Domicilié en Seine-et-Marne, le policier appartenait à la brigade de sûreté urbaine de Seine-Saint-Denis. Ce dernier était âgé d'une trentaine d'années, avait deux enfants et travaillait au commissariat de La Courneuve. Interrogé sur le passé et le contexte de travail de son collègue, Fabien Modicom, le secrétaire national adjoint d'Alliance, a ajouté qu'il s'agissait de «quelqu'un sans histoires».
Le brassard de police retrouvé non loin du corps
Les faits se sont déroulés vers 21h30 à proximité du carrefour des «Quatre Routes». Le brassard de fonction du policier a été retrouvé non loin de son corps. Selon Alliance, il portait bien «son brassard de la police sur lui» et avait «dû intervenir en précisant sa qualité de policier», sans toutefois préciser les circonstances de cette «rixe».
Fabien Modicom a ajouté que le policier était «armé», mais que son arme n'était plus sur lui quand son corps a été retrouvé. Il n'a pas pu indiquer si les coups de feu mortels avaient été tirés avec l'arme de service du policier décédé.
Michèle Alliot-Marie sur place
Une enquête a été ouverte et confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris. «Toutes les hypothèses sont ouvertes: règlement de comptes, bagarres d'"après boire", affaires financières», avait indiqué une source policière.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie s'est rendue sur place samedi, a indiqué une source policière à l'AFP. Elle est restée environ trente minutes sur les lieux et n'a fait aucune déclaration.