RUGBY - Le manager toulonnais rechausse les crampons vendredi face au Stade Français...
«Je suis fatigué... comme les vieux».
Tana Umaga tire la langue à l'entraînement. A 35 ans, l’ancien capitaine des All-Blacks rechausse les crampons un an et demi après sa dernière apparition sous le maillot des Wellington Hurricanes. Depuis, le Néo-Zélandais avait enfilé le costume – un short et un tee-shirt le plus souvent – de manager du RC Toulon.
Mais voilà, la greffe ne prend pas. Malgré un recrutement pléthorique, les Varois traînent leur misére en bas de classement (12e) loin des objectifs annoncés. Le manque d’autorité d’Umaga est souvent avancé comme raison à cet échec.
Convaincre les autres entraîneurs
Convoqué à plusieurs reprises par son président Mourad Boudjellal, Umaga a d’abord été mis sous tutelle avec l’arrivée d’Aubin Hueber, avant d’être plus ou moins contraint de remettre le bleu de chauffe. Voyant son manager rivaliser physiquement avec ses joueurs à l’entraînement,
l’omnipotent Boudjellal le convainc de l’utilité d’un «come-back». Dans le même temps, le président du RCT finalise l’arrivée de
Philippe Saint-André pour la saison prochaine ce qui achève de désavouer le Néo-Zélandais en tant que manager.
Depuis, Tana Umaga enchaîne les entraînements afin de prétendre à une place de titulaire au sein son propre effectif. Contre le Stade Français, il devrait débuter au centre de l’attaque varoise. Ironie de la situation, tout en restant manager, Umaga est aussi tributaire des décisions du staff technique qu’il est censé diriger. «Si les autres entraîneurs pensent que ce que je fais n’est pas assez bon, je suis sûr qu’on va me le dire et que je sortirai du groupe», concède le soldat Umaga. Le manager Umaga pourra lui toujours plaider pour l’indulgence. De quoi verser dans une douce schizophrénie.
Alexandre Pedro