CRISE AUX ANTILLES - Les réactions aux annonces faites par Nicolas Sarkozy...
Le chef de l'Etat a annoncé
ses mesures pour sortir de la crise à l'issue d'une réunion avec les élus ultra-marins, ce jeudi...
Elie Domota, le leader et porte-parole du LKP «Nous sommes très clairs: M. Sarkozy a fait une intervention, M. Fillon en a fait une, ce que nous intéresse c'est le contenu: nous le connaissions déjà depuis le 28 janvier.» Néanmoins, le LKP se rendra jeudi après-midi au rendez-vous fixé avec les médiateurs désignés par le Premier ministre: «Nous avions négocié un pré-accord le 8 février et nous irons pour voir précisément ce qu'il en est, dans le cadre des salaires, pour les 80.000 salariés guadeloupéens.» «Nous sommes extrêmement prudents et nous nous méfions des effets d'annonce: nous irons donc vérifier ce qui est caché derrière ce qu'on nous annonce», a précisé Elie Domota.
François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem) «Ce qui est surprenant et même choquant, c'est que cette intervention, après presque cinq semaines de crise, n'est diffusée que sur RFO. On a séparé les compatriotes d'Outre-mer et les compatriotes de l'Hexagone.» Sur le fond du dossier, le président du Modem n’a pas non plus été convaincu par l’intervention présidentielle. «Je ne crois pas que cette crise se limite au montage qui a été trouvé pour les 200 euros (et) je ne crois pas qu'on pourra se limiter à une question de statut. Il y a deux questions profondes qui touchent à la reconnaissance de la situation particulière et lourde des Antilles: l'organisation économique et sociale autour des monopoles et des prix, et la reconnaissance et le traitement ouvert de l'identité et de la mémoire, notamment de l'esclavage.»
Christian Paul (PS) ex-secrétaire d'Etat à l'Outre-mer «Tout indique que ces annonces ne sont pas à la hauteur de la crise sociale et des attentes exprimées. La proposition d'une prime à caractère provisoire, dont le montant non fixé reste à négocier avec les entreprises, constitue une demi-mesure. Le retour au dialogue est indispensable (mais) les Etats généraux ne doivent pas viser à diluer les revendications sociales et salariales. Face à des systèmes économiques à bout de souffle, notre République doit aider à l'émergence de nouveaux modèles de développement pour les Outre-mers, qui ne se décrètent pas depuis Paris.»
Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer «Pour la première fois depuis l'instauration de la départementalisation, un processus de rénovation en profondeur des relations avec l'outre-mer est enclenché. Le président de la République a pris la mesure de la faillite du système actuel qui condamne les départements d'Outre-mer au chômage massif, à la paupérisation et à l'injustice (et) a tracé les grandes lignes d'une remise à plat de la politique de l'Etat et de ses liens avec l'Outre-mer qui permettront enfin de bâtir une société plus juste et plus équitable.»
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP «L'Etat fait face à ses responsabilités. Au patronat et au collectif de faire face aux leurs. Cette crise doit trouver une sortie dans une négociation en faveur des bas salaires en Guadeloupe. L'heure doit être au déblocage.»
Lutte Ouvrière «Le chef de l'Etat qui pendant plus d'un mois n'a su répondre aux revendications de la population guadeloupéenne que par le mépris et l'envoi de renforts policiers, est donc le principal responsable du climat de violence qui s'est développé dans l'île. Face aux revendications salariales, il n'a rien accordé, sauf l'exonération de cotisations sociales aux patrons qui accorderaient une prime exceptionnelle à leurs employés, limitée dans le temps. Les travailleurs de la Martinique et de la Guadeloupe ne se contenteront certainement pas de ce numéro d'illusionniste. Ils doivent pouvoir compter sur la solidarité des travailleurs de ce qu'on appelle "la métropole".»
Avec agence