Les Anglais vont-ils envahir le Top 14?

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Publié le 19 février 2009.

RUGBY - Les salaires français attirent les joueurs du XV de la Rose...

Après l’Argentine et l’hémisphère sud, le rugby français fait ses emplettes chez le rival anglais. Drôle de revers de fortune pour le rugby de la perfide Albion. Lors de la seule journée de mercredi, trois internationaux ont ainsi filé à l’anglaise vers le Top 14. Le centre Riki Flutey a rejoint Andy Goode à Brive, James Haskell et Tom Palmer se sont eux engagés avec le Stade Français. Même Jonny Wilkinson serait tenté de traverser la Manche.

«Si cette tendance se confirme à long terme, il faudra nous en inquiéter», confiait d’ailleurs au «Guardian», Mark McCafferty, l’homme fort du rugby professionnel anglais. La chute de la livre sterling et la politique de «salary cap» sont les arguments avancés pour expliquer cette attractivité  française. «Il devient difficile en Angleterre de proposer de gros salaires à plus de trois ou quatre joueurs par équipe, le salary cap plafonne  la  masse salariale. Les clubs français en profitent», constate Philippe Saint-André, manager de Sale en partance pour Toulon.

Vers plus de protectionnisme


«Certains clubs français sont devenus plus compétitifs», poursuit l’ancien ailier des Bleus. «En France, Toulouse ou le Stade Français sont capables de faire des matchs devant 35.000 ou 80.000 personnes. Ici, ça commence à peine avec les Harlequins», remarque Saint-André.  Les millions mis sur la table pas les présidents-mécènes comme Jacky Lorenzetti au Racing-Metro ou Mourad Boudjellal à Toulon, ne sont pas étrangers à cette subite passion française.

Et puis il y a la crise qui semble – pour l’instant – davantage toucher le rugby anglais et incite à vendre les bijoux de famille. «Certains clubs arrivent à court d’oxygène et cherchent juste à rester en vie en attendant la fin de saison», constate Damian Hopley, président de l’association des joueurs professionnels anglais. Face à cette fuite des internationaux, le reflexe protectionniste titille les dirigeants. «Certains souhaiteraient que les internationaux qui partent à l’étranger ne puissent pas jouer en sélection, comme c’est le cas en Nouvelle-Zélande ou en Australie», croit savoir Philippe Saint-André. Un comble au pays d’Adam Smith et du libre-échange.

Alexandre Pedro
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