JUSTICE - La cour a accédé à leur demande de supplément d'information...
L'un des avocats d'Yvan Colonna, Antoine Sollacaro, a annoncé le dépôt, ce jeudi après-midi, d'une requête en récusation du président Didier Wacogne qui mène, selon lui, «un procès politique où les dés sont pipés depuis le début». Un peu plus tôt, la cour d'assises spéciale de Paris jugeant en appel Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998 a ordonné jeudi un supplément d'information sur les révélations de Didier Vinolas, entraînant une suspension du procès jusqu'au lundi 23 février à 13h.
Qui est «Monsieur X»?
Trop peu, et surtout trop tard pour satisfaire les avocats du berger de Cargèse, par la voix de Patrick Maisonneuve, se sont dits «satisfaits sur le principe» mais ont regretté «une décision a minima, qui ne permettra pas d'aller au bout des investigations». «Pourquoi avoir attendu autant avant d'ordonner ce supplément d'information?», a dénoncé Antoine Sollacaro.
La cour, composée de neuf magistrats, a chargé deux d'entre eux de procéder à de nouvelles investigations «à la seule fin» d'identifier «Monsieur X», le policier des Renseignements généraux qui aurait fourni en 2002 à Didier Vinolas les noms de deux suspects jamais inquiétés dans l'affaire. Il devront également tenter d'identifier ces deux personnes.
Didier Vinolas et Yves Bot auditionnés à nouveau
Les deux magistrats Alain Cadet et Yann Daurelle seront notamment chargés d'auditionner à nouveau Didier Vinolas, ancien collaborateur du préfet de Corse, ainsi que l'ex-procureur de Paris
Yves Bot qui s'était également dit prêt à révéler l'identité de l'informateur.
Vendredi dernier, Vinolas, commissaire en détachement qui était secrétaire général de la préfecture de Corse lors de l'assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, a affirmé que
deux membres présumés du commando nationaliste à l'origine du crime n'auraient jamais été inquiétés.
«Il est temps que débute le procès d'Yvan Colonna»
Il a précisé avoir communiqué leurs noms, qu'il tenait d'un agent de la direction centrale des RG, à différentes autorités, dont Yves Bot, en septembre 2002.
L'avocat des parties civiles, Benoît Chabert a estimé que ce supplément d'information allait contribuer «à crever l'abcès et à rendre le climat du procès plus serein». «La défense cherche l'incident à tout prix depuis le début, il est temps que débute le procès d'Yvan Colonna».
Avec agence