MUSIQUE - Moins d'un an après le projet She & Him au côté de Zooey Deschanel, M. Ward revient avec un sixième album solo, «Hold Time»...
Embarquement immédiat pour les années 1950. Moins d’un an après avoir collaboré au projet très sixties She & Him au côté de l’actrice Zooey Deschanel, M. Ward réenclenche sa machine à remonter le temps pour «Hold Time». Qu’on se le dise, ce sixième album n’a rien de la visite de vieilles pièces de musée. Au contraire, les pépites pop et folk du guitariste font preuve d’une vitalité inespérée. Rencontre.
Chacun de vos disques se base sur un concept. Quelle était votre idée de départ pour «Hold Time»?
Cette fois, j’ai suivi une ligne directrice plus abstraite. L’idée première vient de la chanson «Hold Time». Que ce soit pour les mélodies, les paroles, la production, j’essaie toujours de maintenir un équilibre entre le passé et le présent. J'aime l’idée que l’auditeur puisse se demander à quelle période telle ou telle chanson a été écrite. D’où vient-elle? Est-ce ancien? Est-ce récent?
C’est aussi une manière de rendre hommage à la musique des années 1950 et 1960…
Assurément. Chaque décennie a produit de grandes choses qu’il est important d’écouter. Je ne pense pas que les années 1950 soient supérieures aux autres. Mais les musiciens ont plus tendance à la négliger au profit de ce qui a été fait dans les années 1980.
Vous intégrez souvent des reprises dans vos albums. Comment les abordez-vous?
Je commence par apprendre la partie de guitare puis je vois où ça me mène. C’est aussi comme ça que je travaille mes morceaux depuis quinze ans. La guitare me sert de filtre. Après, il n’y a pas de règles. Il faut juste s’approprier les chansons, essayer de se différencier de la manière dont tout le monde les connaît déjà. Moi, je n’ai pas appris la musique dans une école mais à travers l'oeuvre d’autres artistes. Ce sont eux qui ont fait toute mon éducation.
Si on ne connaît pas l’original, on pourrait presque croire que ce sont des chansons que vous avez écrites…
Certains pensent que j’ai écrit tous les titres de l’album. Sur le disque, il y a un titre de Sonny West, un autre de Don Gibson. Le dernier a été composé par plusieurs personnes dont Frank Sinatra. C’est une chanson purement instrumentale. Je la vois comme un générique de fin pour le disque.
A quel point mettez-vous des choses personnelles?
Mon écriture n’est pas autobiographique. Mais comme j’écris les textes, ils contiennent forcément quelque chose de moi. Après tout est une question d’équilibre. J’essaie par exemple de mêler des éléments concrets avec d’autres plus abstraits. Si une musique est trop concrète, le public n’a rien à y projeter. Si elle est trop abstraite, elle garde l’auditeur à distance. Mes textes essaient d’être suffisamment évocateurs pour inspirer des images dans l’esprit des gens.
En plus de vos albums, vous collaborez avec de nombreux artistes comme pour le projet She & Him…
Je ne m’arrête jamais d’écrire ou de jouer de la guitare. Avec le temps, j’arrive à différencier les morceaux sur lesquels je dois continuer à travailler et ceux qu’il faut abandonner. J’ai sur cassette des centaines et des centaines de chansons inachevées ou simplement ratées.
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