CRISE AUX ANTILLES - Toutes les dernières infos sur le conflit social...
Yves Jégo, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, se demande si le maintien de sa fonction est bien nécessaire alors que le Premier ministre a proposé une prime de 200 euros pour les plus bas salaires. La gauche exhorte Nicolas Sarkozy à se rendre sur place et appelle à manifester en métropole samedi.
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17h57: Des états généraux en Guadeloupe
Nicolas Sarkozy ouvrira des états généraux en Guadeloupe dès le calme revenu, a déclaré l'Elysée, afin de débattre «des grands enjeux» dans chacune des collectivités ultra-marines.
17h22: Sarkozy entame sa rencontre avec les ministres d'Outre-mer
Le président de la République entame une rencontre avec les présidents des collectivités locales et les parlementaires des départements d'Outre-mer. Quelque 26 élus sont arrivés à l'Elysée pour la rencontre, à laquelle doivent également participer le Premier ministre, François Fillon, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, Yves Jégo, et le délégué Interministériel à l'Egalité des chances des Français d'Outre-mer, Patrick Karam.
17h12: Rencontre LKP-médiateurs-préfet à 21h
Elie Domota annonce qu'il rencontrera à 21h (16h heure locale) le préfet de Guadeloupe et les médiateurs du gouvernement qui présenteront les propositions de François Fillon, mais le leader du collectif LKP se dit «méfiant» quant à leur contenu.
«Nous écouterons puis nous étudierons», a déclare le leader du LKP. «Ce n'est pas une négociation mais une présentation du dispositif».
«Chat échaudé craint l'eau froide. Les annonces, on s'en méfie, même si c'est le Premier ministre qui les fait».
17h06: 11 organisations de gauche appellent à manifester samedi à Paris
Onze organisations de gauche dont le NPA d'Olivier Besancenot, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et les Verts lancent un appel commun à manifester samedi à Paris en soutien aux travailleurs des territoires d'Outre-mer qui se battent «contre la vie chère».
«Depuis près d'un mois, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale. Malgré l'extension de cette grève à la Martinique, à la Guyane et à La Réunion, le gouvernement n'apporte aucune réponse aux revendications des grévistes contre la vie chère, les bas salaires et le chômage», indique le communiqué unitaire diffusé par le NPA.
«Le pourrissement de la situation conduit même à un premier mort mercredi», poursuit-il.
17h06: La DGPN annonce l'envoi de renforts
La Direction générale de la police nationale annonce que quarante policiers de police judiciaire, du renseignement et d'intervention ont été envoyés en renfort en Guadeloupe.
Parmi eux figurent vingt éléments de la police judiciaire et du renseignement. Les vingt autres, issus de divers groupes d'intervention de la police nationale (GIPN), sont allés renforcer leurs collègues du GIPN Antilles-Guyane, déjà sur place.
16h25: José Bové dénonce une «économie de comptoir» colonial
L'altermondialiste et ex-candidat à la présidentielle dénonce une «économie de comptoir» colonial qui «se maintient notamment au travers de la grande distribution» en Guadeloupe, déplorant que le patronat «refuse de partager».
«On retrouve le vieux système de l'économie de comptoir dénoncé depuis des lustres mais qui se maintient notamment au travers de la grande distribution», avec un «patronat omniprésent, omnipotent qui refuse de partager», a-t-il dit avant de rencontrer Elie Domota, principal dirigeant du LKP, au Palais de la Mutualité à Pointe-à-Pitre.
16h19: Aubry demande à Sarkozy de se rendre dans les DOM
Martine Aubry, première secrétaire du PS, jugeant que le «dialogue est dans l'impasse», demande «solennellement» au président de la République de se «rendre au plus tôt dans les départements d'outre-mer pour écouter, mieux comprendre et agir. Pour qu'enfin le gouvernement prenne conscience de la dégradation sans précédent des conditions de vie des populations, et prenne toute sa part à la recherche de solutions».
16h03: Des élus d'Outre-mer interpellent Sarkozy
Quinze élus d'Outre-mer, socialistes et apparentés, qui doivent être reçus par Nicolas Sarkozy, lui demandent de «prendre en urgence les mesures nécessaires pour sortir de la crise actuelle en Outre-mer» et attendent de lui que «l'Etat respecte sa parole».
Dans un communiqué commun, ces 15 élus indiquent avoir accepté de venir rencontrer le président de la République, «tout en déplorant que celui-ci n'ait pas jugé utile de prendre position face à la crise actuelle».
Cette crise «dure déjà depuis plus d'un mois et révèle une réalité structurelle dont les racines sont profondes», estiment ces élus.
16h00: Cambadélis demande à Sarkozy de recevoir le LKP
Le secrétaire national du PS à l'international estime que le chef de l'Etat et le gouvernement «doivent recevoir» le collectif LKP, à la tête de la grève qui paralyse la Guadeloupe depuis un mois.
Le député de Paris estime, dans un communiqué, que «le président de la République, le gouvernement s'honoreraient aux vues de la situation en Guadeloupe de recevoir les organisations syndicales dont le LKP, pour discuter avec les élus des revendications des salariés de nos concitoyens en Guadeloupe, la Réunion et la Martinique».
15h53: Pour le LKP, «le compte n'y est pas»
Un représentant du collectif, qui mène la grève en Guadeloupe, estime que «le compte n'y est pas», après la proposition d'une augmentation des bas salaires «proche de 200 euros», formulée dans la matinée par le Premier ministre François Fillon.
«Presque 200 euros, ça ne nous intéresse pas», affirme Jean-Marie Nomertin, de la CGTG, membre du LKP et proche d'Elie Domota, leader du collectif.
14h14: Yves Jégo s'interroge sur le maintien de son secrétariat d'Etat
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer se demande si le maintien de sa fonction gouvernementale est nécessaire. Il invoque sur France 24 une nouvelle «gouvernance» de l'Outre-mer.
«Il faut que les liens entre la métropole et ses directoires soient remis à plat. Est-ce qu'il faut garder, par exemple, un secrétariat d'Etat à l'Outre-mer?»
«Ce n'est pas que cela sert à rien», mais «est-ce qu'on ne peut pas avoir une organisation plus moderne? Est-ce que l'on ne peut pas avoir, à l'intérieur des grands ministères, des directions de l'Outre-mer et puis quelqu'un qui, au sein du gouvernement, incarne l'Outre-mer?"
12h37: les sénateurs UMP veulent une mission d'information
Le patron des sénateurs UMP, Henri de Raincourt, réclame la création d'une «mission d'information sénatoriale sur l'avenir de l'Outre-mer».
«Les départements d'outre-mer, auxquels nous sommes tous attachés, traversent une situation difficile qui démontre l'existence d'un véritable malaise d'ordre économique et social mais aussi d'ordre relationnel avec la métropole», souligne-t-il dans un communiqué.
Henri de Raincourt se dit «certain» que le Sénat pourrait conduire «une réflexion utile et républicaine en créant une mission d'information au sein de laquelle toutes les tendances et les opinions politiques seront représentées».
11h53: Une baisse des prix du téléphone et d'internet à l'étude
Les secrétaires d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo et à la Consommation Luc Chatel annoncent dans un communiqué que le gouvernement a engagé des actions pour faire baisser le prix de la téléphonie et d'internet en Outre-mer, en lien avec l'autorité de régulation des télécoms (Arcep).
Concernant la téléphonie, l'Arcep imposera d'ici l'été «une baisse des tarifs dits de terminaison d'appel mobile», que les opérateurs se facturent entre eux pour acheminer les communications.
«Pour le consommateur, cette décision fera baisser le prix des appels depuis les réseaux fixes vers les réseaux mobiles. Elle permettra aussi le développement plus rapide des offres illimitées», ont-ils expliqué.
11h10: FO met la pression sur le gouvernement et le patronat
Force Ouvrière appelle gouvernement et patronat à «assumer leurs responsabilités» en Guadeloupe et en Martinique «en trouvant, très rapidement, une issue au conflit», selon une déclaration adoptée par la Commission exécutive confédérale.
«Pour Force Ouvrière, les aspects sociaux du dossier auraient dû être bouclés depuis le 8 février». FO «condamne toute la violence engendrée par le pourrissement du conflit en Guadeloupe» et «salue la mémoire du militant décédé».
9h30 (4h30 locale): Trente-trois interpellations dans la nuit
Cinq magasins incendiés, des balles tirées sur les forces de l'ordre, la mairie de Sainte-Rose mise à sac, et au final, trente-trois interpellations opérées: voilà le premier bilan de la nuit, selon la préfecture de Basse-terre. Elle était considérée comme moins violente que la précédente qui avait fait un mort, avec cependant toujours «une intensité forte», dixit le directeur de cabinet du préfet.
Il y a eu 28 interventions de pompiers. Deux magasins importants ont été incendiés, ainsi que deux restaurants et une concession automobile, les entreprises békés étant ciblées comme les nuits précédentes. Vingt-et-une des 33 personnes interpellées l'ont été à Pointe-à-Pitre.
9h00: Victorin Lurel casse François Fillon
«J'aimerais que le Premier ministre me donne l'occasion d'être positif mais ce qu'il vient d'annoncer était déjà acté dans l'un des 132 points actés et qui engagent la parole du gouvernement» a expliqué
le président PS du Conseil régional de Guadeloupe sur RTL. «Je crains que ce ne soit une redite pour ne pas dire une resucée de ce qui a déjà été proposé», et «le collectif LKP a déjà réagi à ça pour dire qu'il n'y a pas que des travailleurs pauvres et du temps partiel en Guadeloupe» a ajouté Lurel.
En passant, le député de Guadeloupe a mis la pression sur Sarkozy: «Nous comptons sur la compréhension du président de la République pour opérer le retour à la confiance et qu'il aille plus loin que le Premier ministre ce matin».
8h30: La mairie de Sainte-Rose envahie par des «casseurs» et «mise à sac»
«Dans la commune de Sainte-Rose, des commerces ont été pillés et la mairie a été investie par une bande de casseurs», explique la cellule de crise interrogée depuis Paris. «Les gendarmes sont en train d'intervenir», a-t-on ajouté. «C'est une intervention difficile à mettre en oeuvre à cause d'une série de barrages» routiers. Un «pont aérien» a donc été mis en oeuvre avec des hélicoptères pour contourner cet obstacle.
8h10: Fillon évoque une proposition d'augmenter de 200 euros les plus bas salaires
Le premier ministre vient d'annoncer que les médiateurs du gouvernement en Guadeloupe s'acheminent vers une proposition d'augmenter de 200 euros les plus bas salaires: «Cette nuit, les médiateurs ont, après de nombreux contacts avec le collectif et avec le patronat, réussi à mettre sur pied une proposition que je vais valider dans les prochaines minutes et qui sera soumise au patronat et au collectif LKP dès le début de la matinée en Guadeloupe».
Cette offre, a ajouté M. Fillon, «permet de s'approcher très près, même si on ne l'atteint pas naturellement, des objectifs financiers, quantifiés que réclame le collectif»: «On arrive, avec l'ensemble des dispositifs qui ont été imaginés, à quelque chose qui est proche des 200 euros, mais pour les bas salaires, en utilisant de manière spécifique pour l'Outre-mer le Revenu de solidarité active qui sera anticipé, qui sera calculé différemment et qui permettra, je l'espère, de répondre à la revendication sur la vie chère aux Antilles».
7h45: Mort d'un syndicaliste: «Un crime commis par des délinquants»
Le Premier ministre vient de déclarer sur RTL, au lendemain de la mort d'un syndicaliste tué par balle en Guadeloupe, qu'il s'agissait d'un «crime commis par des délinquants». «Les forces de l'ordre ne sont pas du tout impliquées», a assuré le chef du gouvernement. «La balle retrouvée est une balle qui sert à chasser les sangliers. C'était un lieu où il n'y avait pas de forces de l'ordre. L'enquête dira les choses, mais les forces de l'ordre ne sont pas du tout impliquées dans cette opération».
7h (2h locale): Tirs et pillages
La cellule de crise de la préfecture fait été de cinq tirs de fusil de chasse au Gosier, une commune côtière à 5 km de Pointe-à-Pitre, mais sans blessés à déplorer. A Pointe-à-Pitre même, un magasin a été incendié et dix personnes interpellées à proximité, selon la préfecture, qui a fait également état d'un véhicule incendié.
2h (21h locale): Un début de nuit dans le calme
La situation était calme mercredi en Guadeloupe a indiqué à l'AFP peu avant 21 heures (heure locale) la cellule de crise installée en préfecture.Certains barrages routiers ont été démontés le matin par les forces de l'ordre notamment sur l'axe central, entre Grande-Terre et Basse-Terre, mais d’autres ont été reconstitués.
0h55: 2.000 participants à la marche silencieuse
Selon le collectif LKP, 2.000 personnes ont participé à la marche silencieuse vers le quartier Henri IV de Pointe-à-Pitre, à l'endroit où le syndicaliste Jacques Bino a été tué par balle. A la tête du cortège se trouvait le leader du LKP Elie Domota, entouré d'un important service de sécurité portant des tee-shirts noir. Un portrait de Che Guevara et de très nombreux drapeaux rouges de la CGT-G (CGT-Guadeloupe) flottaient au-dessus de sa tête. Les militants du LKP avaient dégagé les rues de tous les petits barrages construits avec des pneus ou des poubelles pour faire place au cortège, a constaté un reporteur de l’AFP.
20minutes.fr (avec agence)