Quand le foot découvre les contrôles désorientés
Créé le 18.02.09 à 18h17
Mis à jour le 18.02.09 à 21h14
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DOPAGE - Le nouveau système de localisation destiné à faciliter les contrôles inopinés, est très mal accepté par les joueurs professionnels...
Il a suffi d’un simple courrier pour irriter la plupart des capitaines de Ligue 1 et de Ligue 2. Une lettre de
l’Agence française de lutte contre le dopage stipulant qu’ils font désormais l’objet d’un suivi personnalisé en matière de contrôles antidopage. A travers les hommes au brassard, l’AFLD entend localiser tous les membres d’une équipe. Et faciliter les contrôles inopinés. Une nouvelle qui ne ravit pas les premiers concernés, à l’image de Juninho, le capitaine lyonnais qui n’apprécie pas vraiment d’être l’unique membre de son équipe recensé.
Pour Pierre Bordry, patron de l’Agence, il s’agit simplement d’un choix pratique. «Notre fichier ne comprend que 500 noms. On ne peut localiser que 500 sportifs professionnels de haut niveau, tous sports confondus. On n’a pas les moyens de suivre tous les joueurs c’est impossible.» Au-delà de ce recensement ciblé, c’est la procédure de localisation imposée par l’agence mondiale antidopage qui suscite les critiques des footballeurs.
Platini s’insurge
Depuis le 1er janvier, tous doivent être disponibles tout au long de l’année pour répondre aux contrôles. Et signaler à l’avance le moindre de leurs déplacements. Le système est déjà bien ancré chez les cyclistes, les athlètes et les skieurs. Mais chez les footeux, le chemin est encore long. Mercredi le président de l’UEFA, Michel Platini, s’est élevé contre une mesure qu’il qualifie d’«inconcevable». Il dénonce notamment l’intrusion des contrôleurs dans la vie privée des sportifs pendant leur courte période de repos, faisant ainsi échos de
Philippe Piat, le président de l'UNFP.
«On est pour les contrôles, mais là, ça va trop loin. C’est une atteinte à la vie privée, s’emporte le représentant du syndicat des joueurs pros. Imaginez qu’ils soient en vacance avec leur maîtresse…» Philippe Piat ne place pas le football sur le même plan que d’autres sports dont l’agenda des athlètes est beaucoup plus aléatoire. «Le foot, c'est un sport co. On s’entraîne pendant onze mois et demi ensemble. S’ils veulent nous trouver, ils n’ont qu’à se rendre à l’entraînement. Alors qu’on n’embête pas les joueurs pendant leurs vacances.
On a d’ailleurs saisi la Cnil, car c’est inadmissible.»
Que dit la Cnil?
A l’instar de l’instance norvégienne, il espère que la Cnil juge illégale l’application d’un tel système de localisation. En Belgique 65 athlètes ont porté l’affaire devant les tribunaux tandis que plusieurs sportifs de renom, à l’image de Rafael Nadal ou Serena Williams ont déjà dénoncé les contraintes d’une telle mesure. Mais pour Pierre Bordry, ces requêtes n’ont aucune chance d’aboutir en France «puisque l’AFLD a déjà été obligée de demander un avis à la Cnil avant de mettre le système de localisation en service. M. Piat se trompe. L’accord de la Cnil a déjà été demandé.» Sa réponse figure déjà dans un texte de loi.
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