SANTE - Dans un rapport, l'Institut national du cancer revient sur l'impact de l'alimentation sur cette maladie…
Halte au petit verre de vin quotidien et à la charcuterie fine, vive les fruits et légumes! Dans une brochure publiée mardi, l'
Institut national du cancer (Inca) fait le point sur l'impact de la nutrition sur les cancers. Une synthèse des études internationales les plus récentes, qui prennent en compte l'exposition des Français à certains facteurs de risque.
«Cet état des lieux conforte l'idée que certains aliments et modes de vie augmentent les risques de cancer», explique à 20minutes.fr Raphaëlle Ancellin, chef de projet nutrition à l’Inca.
Au premier rang des accusés, l’alcool, qui augmente inévitablement le risque de cancer, quelle qu'en soit la quantité. Il est responsable d’environ 10,8% des morts par cancer chez l'homme et 4,5% chez la femme.
Les petites doses d’alcool répétées sont les plus nocives
Selon l'étude, «la consommation de boissons alcoolisées est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers: bouche, pharynx, larynx, œsophage, colon-rectum, sein et foie». Par verre consommé par jour, la hausse du risque va de 9% (colon-rectum) à 168% (bouche, pharynx et larynx).
En cause: la quantité mais aussi la fréquence des prises de boissons. La France se classe ainsi au sixième rang mondial du point de vue de la consommation, avec 12,9 litres d'alcool pur par personne par an. Mais surtout, «les petites doses répétées sont les plus nocives», d’après le président de l'Inca Dominique Maraninchi. Et Raphaëlle Ancellin de préciser: «Ces résultats scientifiques vont à l’encontre des idées fausses, comme le fait que l’alcool protège des risques cardiovasculaires.»
Sel et viandes rouges avec modération
Les viandes rouges et charcuteries sont pointées du doigt concernant le cancer colorectal. Mais sans alarmisme: le seuil est fixé à 500g de viande rouge par semaine, soit plus que la consommation moyenne des Français (370g). Un quart de la population consomme cependant 500g ou plus.
Le sel, dont la consommation baisse depuis dix ans, semble avoir un rapport avec le cancer de l'estomac. Les compléments alimentaires, eux, augmentent significativement le risque de cancer du poumon chez les fumeurs ou les gens exposés à l'amiante.
Pas d’aliment miracle
«Toutes ces études sont controversées. Aujourd’hui, personne n’a prouvé l’existence d’un risque avéré au niveau physiologique, lié à une pratique alimentaire», assure à 20minutes.fr Xavier Thuru, chercheur en pharmacologie à l’Institut de recherches sur le cancer de Lille.
Car le cancer est une pathologie multifactorielle due à l’alimentation, à l’environnement ou encore à la génétique. Aucun aliment «miracle» ne protège de cette maladie. Seule solution: une alimentation diversifiée et équilibrée associée à la pratique d'une activité physique. Une hygiène de vie qui pourrait réduire le nombre de nouveaux cas de cancers, estimés à près de 100.000 par an en France.
Au premier plan des aliments «bénéfiques», les fruits et légumes, riches en antioxydants, qui réduisent le risque des cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l'œsophage, de l'estomac, et, pour les seuls fruits, du poumon. La consommation quotidienne recommandée est au minimum de 400 grammes par jour.
Enfin, l’Inca rappelle que l'allaitement maternel limite les risques de cancer du sein, recommandant une durée de six mois. Le lait est bon aussi pour l'enfant, puisqu'il réduit le risque de surpoids et donc de plusieurs cancers.
Audrey Garric (avec agence)