Vinolas, acte III. Après les journées de vendredi et lundi, la cour d'assises spéciale de Paris, qui juge en appel Yvan Colonna pour l'assassinat de Claude Erignac, s'est à nouveau penchée hier sur les déclarations de Didier Vinolas, secrétaire général adjoint de la préfecture de Corse au moment de la mort du préfet. Les magistrats ont entendu successivement les responsables judiciaires et policiers auxquels Vinolas aurait révélé, depuis 2002, que deux membres du commando pourraient toujours être en liberté.
Tous ou presque ont nié les propos que leur avait prêtés Vinolas vendredi. Tous, sans exception, se sont surtout prêtés à une opération de démolition de la réputation de l'ancien collaborateur du préfet. Yves Bot, ancien procureur de Paris, s'est inquiété que Vinolas soit encore « très affecté par le drame ». Jacques Nodin, ancien sous-préfet de Corte, estime que son confrère nourrit « toujours du ressentiment » dans ce dossier. Christian Lambert, ex-chef du Raid, rappelle la « carrière secouée » de Vinolas, qui « essaie de toujours rester au centre de l'affaire ». Bref, un mal-aimé qui chercherait à se faire remarquer, comme l'a résumé assez inélégamment l'avocat général, Jean-Claude Kross, citant Audiard : « Comment réussir dans la vie quand on est con et pleurnichard. »
« Je suis crucifié par la partie civile, mais je ne regrette pas mon choix. [...] J'ai entrepris une démarche de vérité », a répondu à la barre Didier Vinolas. Pour l'heure, la cour n'a toujours pas statué sur la demande de supplément d'information déposée par la défense d'Yvan Colonna, qui provoquerait le renvoi du procès. Tout semble indiquer qu'elle n'y répondra pas favorablement. Pourtant, les couacs de l'enquête ne cessent d'être mis au jour. Les débats, marqués par un président de cour en difficulté et des avocats généraux bien peu pugnaces, sauf contre la défense, ont déjà un goût amer, à quatre semaines du verdict. ■