Violences sur l'île, polémiques en métropole

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Publié le 18 février 2009.

La tension monte d'un cran en Guadeloupe. Alors que l'île est en grève contre la vie chère depuis maintenant un mois, le conflit se durcit, avec des barrages qui paralysent toujours un peu plus l'activité, et même des violences. Plusieurs routes ont été coupées hier par des riverains, avec les moyens du bord (troncs d'arbres, appareils électroménagers, poubelles...). Ils répondaient à l'appel du collectif LKP, meneur de la grève, qui demandait « un renforcement de la mobilisation ».

Dans la nuit de lundi à mardi, des affrontements entre des jeunes et les forces de l'ordre se sont soldés par dix-huit interpellations. A Pointe-à-Pitre, des voitures et deux magasins ont été incendiés. Ces événements sont le fait de « jeunes de 18 à 23 ans qui profitent de la situation, ils sont plusieurs centaines, souvent cagoulés, et agissent par petits groupes mobiles », selon un cadre de la direction départementale de la sécurité publique. Le préfet de Guadeloupe, Nicolas Desforges, a appelé au calme, précisant que malgré l'« insurrection », l'île n'est pas « en situation de couvre-feu ». De son côté, Elie Domota, leader du LKP, s'est dit « toujours ouvert au dialogue », tout en estimant ces incidents « prévisibles ». Les forces de l'ordre auraient reçu hier des consignes de fermeté afin d'éviter que de nouveaux troubles ne se produisent dans la nuit.

Reste que le conflit antillais a gagné hier la classe politique métropolitaine. Les partis de gauche ont organisé des manifestations de soutien à la grève, souhaitant même son importation dans l'Hexagone. Lutte ouvrière a appelé à un « printemps des luttes » et à la « grève générale ». Olivier Besancenot doit se rendre vendredi en Guadeloupe et en Martinique pour « prendre exemple ». De son côté, le PS a dépêché deux délégations parlementaires aux Antilles et à la Réunion, provoquant la colère de l'UMP, qui accuse les socialistes de « jeter de l'huile sur le feu ». Pendant ce temps, le front des négociations n'a pas évolué. Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, a promis hier qu'il ferait « plus en matière de charges sociales », en attendant la rencontre, vendredi, à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et les élus ultramarins. ■

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