La tortue. C'est le surnom de Joëlle Hoffmann chez les apnéistes strasbourgeois. Non pas que la jeune femme (37 ans) soit craintive et se cache sous sa carapace car c'est avec un grand sourire qu'elle accueille ses interlocuteurs. Ce surnom, elle le doit plutôt à son attitude dans l'eau en apnée dynamique (lire encadré) où ses mouvements font penser au reptile. L'apnée, Joëlle Hoffmann y est venue un peu par hasard lors d'une initiation dans son club de l'Acal (Aquatic club d'Alsace-Lorraine). « Je savais que je pouvais tenir une minute en apnée. Là, sans difficulté, j'ai tenu 2'30. J'ai voulu en découvrir plus », explique-t-elle.
Les progrès ont été rapides. Au point que trois ans après ses débuts, Joëlle Hoffmann est championne de France d'apnée statique et appartient au groupe France. « Au départ, je ne recherchais pas la compétition. C'est un petit plus. Un coup d'adrénaline. » Dimanche, à la piscine de la Kibitzenau, l'apnéiste tentera de décrocher le minima qui lui manque en apnée dynamique pour conforter sa place chez les Bleus en vue des Mondiaux en Tunisie.La compétition n'a pas altéré son approche de l'apnée. « C'est d'abord le plaisir de découvrir comment améliorer ses performances tout en écoutant son corps », avoue Joëlle Hoffmann. Pour réussir une apnée statique de 5'26'', son record, la Strasbourgeoise enchaîne les étirements, les exercices de respiration et une musculation bien particulière. « Le diaphragme est le muscle principal à travailler. Il faut l'assouplir. Idem pour la cage thoracique pour emmagasiner les plus d'air possible. »
Les apnéistes tentent de repousser leurs limites mais dans la mesure du raisonnable. Une syncope et le participant est suspendu pendant plusieurs mois. « Le corps n'est jamais en souffrance », précise Joëlle Hoffmann. La seule chose qu'elle s'impose : un grand sourire pour répondre aux juges à la fin de son apnée. ■