Les commerçants du centre tirent à boulets rouges contre le projet de réalisation de l'Eurostadium. Hier, les responsables de l'association Les Vitrines de Strasbourg ont indiqué qu'ils s'opposeraient à la création de ce grand stade à Eckbolsheim, comme le souhaiterait son investisseur, le groupe britannique Hammerson. Vexés de ne pas encore avoir été contactés par ce dernier et par le Racing club de Strasbourg (RCS), partenaire de l'opération, les boutiquiers craignent la concurrence de la galerie marchande qui s'ajouterait à l'infrastructure sportive. Elle pourrait s'étaler sur 90 000 m2. « Un projet pharaonique » selon René Tourette, président des Vitrines de Strasbourg, qui ne représenterait aucune « opportunité pour la ville » mais profiterait à « l'affairisme de Philippe Ginestet », président du RCS. « Compte tenu de la conjoncture et dans un souci d'écomobilité, il vaudrait mieux favoriser le centre-ville que de développer des projets " béton " en pleine campagne », explique pour sa part Pierre Bardet, directeur général de l'association de commerçants. Qualifiant l'Eurostadium de « bling-bling » ou encore de « strass, paillette et poudre aux yeux », il a promis « d'utiliser tous les recours possibles » contre sa construction.
Contacté, Philippe Ginestet a estimé hier qu'il n'avait pas à se prononcer sur l'aspect commercial de l'Eurostadium, s'occupant, lui, du volet sportif. Il a néanmoins indiqué que « les membres des Vitrines de Strasbourg seront les bienvenus dans les discussions quand le projet aura pris une forme définitive. J'imagine que les représentants du groupe Hammerson les contacteront alors », comme ils l'ont déjà fait avec la chambre de commerce et d'industrie. Jean-Louis Hoerlé, son président, lui-même membre de l'association de commerçants, les auraient d'ailleurs déjà rencontrés. ■