Le plus conservateur des conservateurs, l’inénarrable Rush Limbaugh, y voit «une double catastrophe». Selon l’animateur radio, «les futures générations devront payer les erreurs d’Obama le socialiste avec une dette qui va se creuser». Mais surtout, «quand dans un an ou deux, l’économie américaine, par les vertus-mêmes du capitalisme, se redressera, Obama en tirera les lauriers». La faute, bien entendu, au «double standard» des fameux MSM (les mainstream media, médias de masses) «qui jugent toujours les démocrates sur leurs intentions et pas la réalité des résultats».
Davantage de charme mais autant de colère chez Michelle Malkin, qui applaudit «la baisse de 2.000 points du Down Jones» depuis la victoire d’Obama. La commentatrice a d’ailleurs un petit surnom pour le plan: «porkulus» (aux Etats-Unis, le «pork» (porc) désigne péjorativement le «gras», les dépenses inutiles dont sont souvent truffés les projets de loi).
Du côté de la National Review, on parle de «victoire amère» d’un Obama «qui avait promis du changement, de la transparence et du bipartisanmisme» et qui a «forcé dans la précipitation un texte de 1.400 pages dans le soutien d’un seul représentant républicain».
Dans leur ensemble, les conservateurs raillent les dernières déclarations du porte-parole de la Maison Blanche qui a indiqué mardi qu’un recours à un second plan n’était «pas écarté». «A quand le suivant?», demande à l’antenne l’éditorialiste de Fox News Sean Hannity.
Côté blogosphère démocrate, comme chez Obama, la prudence règne et personne n’attend de miracle immédiat. Mais la guéguerre avec le parti adverse se poursuit, Dailykos expliquant qu’il faut «laisser les républicains creuser leur propre tombe» et que le parti à l’éléphant, qui a boycotté en masse le plan de relance, est «plus impopulaire que jamais».
Pour prendre un peu de hauteur, il faut aller lire du côté du prix Nobel d’Economie Paul Krugman. Alors qu’il accusait Obama d’être «trop timoré et trop centriste» avec son plan la semaine dernière, il agite mardi le drapeau rouge dans un billet «Apocalyspe now»: «Tout le monde devrait payer attention au cataclysme politique/financier en cours en Californie. Des années de négligences suivies d’une crise économique où toute tentative de réponse raisonnable est bloquée par une minorité fanatique. Ca pourrait être l’Amérique de demain.»