AZF: Un procès sous l'oeil des caméras

4 contributions
Publié le 23 février 2009.

JUSTICE - La Cour de cassation a tranché... Reportage de notre rédaction toulousaine.

D'ici 20 à 50 ans, les Toulousains pourront visionner le procès de l'explosion de l'usine AZF. Mardi, la Cour de cassation a confirmé la décision prise par la cour d'appel de Toulouse de filmer les audiences qui débuteront lundi et a ainsi rejeté le pourvoi formé par les deux prévenus: la société Grande-Paroisse et l'ancien directeur du site, Serge Biechlin.

Leurs avocats dénonçaient «le danger d'une surmédiatisation» et estimaient que cette décision les «ravalerait» au rang de criminels de guerre, les seuls dont les procès ont été filmés en France (lire ci-dessous), alors qu'ils ne sont jugés que pour des infractions de droit commun.

Le 15 janvier, Jacques Nunez, le président de la cour d'appel de Toulouse, avait motivé son choix en indiquant qu'il lui paraissait nécessaire «que soit conservée grâce à des moyens audiovisuels, comme l'enregistrement des débats, la trace des discussions scientifiques sur les causes de la catastrophe industrielle, (...)» et que l'histoire de Toulouse soit enrichie par une «mémoire vivante».

Intérêt historique et scientifique


Un sentiment partagé par Agnès Caséro, avocate des sinistrés du 21 septembre, l'une des deux associations à l'initiative de cette requête. «Pour nous, c'est une victoire, car c'est la première fois qu'on l'autorise l'enregistrement audiovisuel d'un procès, non pas au nom de l'histoire avec un grand H, mais pour l'intérêt historique de la justice et de la science. Cela va aussi contraindre l'industriel à s'expliquer clairement, de manière responsable, car une parole filmée, c'est comme un écrit», insiste-t-elle.

Un point de vue qui diverge de celui des anciens salariés de l'usine, regroupés au sein de l'association Mémoire et Solidarité. Pour eux, cela «peut gêner nombre de victimes qui ne souhaitent pas être exposées au-delà de la publicité nécessaire qui s'attache à toute audience devant une juridiction pénale».

C'est aussi ce qui motivait l'opposition à ces enregistrements de Monique Mauzac, veuve d'un salarié d'AZF. «Vis-à-vis des familles de victimes, au premier rang, c'est très dur à vivre. Mais, le côté positif, c'est d'imaginer que si les débats n'aboutissent pas, les documents permettront à des scientifiques internationaux de se plonger dans le dossier», reconnaît-elle.

Béatrice Colin (à Toulouse)
PREMIERE Cette autorisation est une première pour un procès devant un tribunal correctionnel. Jusqu'à présent, l'enregistrement était réservé aux crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Seuls les procès de Barbie, Papon et Touvier sont dans leur intégralité sur bande.

Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr