INTERVIEW - Cette jeune chanteuse de 24 ans sort lundi son premier album. Un folk qui n'est pas sans rappeler une certaine Rose...
Si elle arrive sur scène «toute tremblotante», Claire Denamur se montre plutôt volubile en interview. Le déclic lui vient à 12 ans, à la faveur d’une prof de musique qui, alors qu’elle suit sa scolarité aux Etats-Unis où elle a vécu dix ans, la prend sous son aile. Cette rencontre décisive suscite sa vocation, peaufinée par des années de chant lyrique et de théâtre. «Elle est ma vie actuelle, sans elle, je ne chanterais pas», assure Claire Denamur qui nourrit le regret de n’avoir pas pu revoir sa prof avant qu’elle ne soit emportée par son cancer. La jeune chanteuse se met alors à la guitare et à la scène, entre spectacles de comédie musicale et petit boulot de serveuse chanteuse, à Bordeaux. Rencontre.
Sur scène, tu es seule. Le public est-il plus indulgent?
On m’a souvent dit que d’être une petite nana qui a la voix tremblante lorsqu’elle commence à chanter pouvait y contribuer. Les gens doivent se sentir un peu mal pour moi car les cinq premières minutes sont atroces mais après, ça va (rires).
Ton album parle d’amour. Les autres sujets ne t’intéressent pas?
Pour le moment, les histoires de cœur me viennent naturellement. Je suppose qu’avec l’âge, les expériences viendront et l’inspiration aussi. Je pense qu’il y a déjà ce qu’il faut en matière de chanteurs français engagés. Le conflit n’est pas du tout dans ma nature.
Tu as passé dix ans aux Etats-Unis, entre 5 et 15 ans. Cette culture t’a-t-elle influencée?
Oui, je n’ai que des artistes anglo-saxons dans mon iTunes. J’ai un peu du mal avec la chanson et la variété française car je n’aime pas les arrangements musicaux proposés Mais je suis en quête de coup de cœur français. Ce qui me touche, ce sont les timbres de voix, comme Piaf, Fréhel ou encore Emily Loizeau qui me bouleverse.
Et tes racines européennes?
Je suis moitié Argentine, un quart Française et un quart Hollandaise. Je tire également mon judaïsme des racines ukrainiennes de ma mère. Ce mélange marque, effectivement. Apparemment ça ressort dans ma musique, notamment dans le titre «La mal-aimée» qui ne s’adresse pas à un homme comme on pourrait le croire mais à ma mère. On m’a fait remarqué que ça sonnait très Klezmer, la musique traditionnelle yiddish, alors que je n’en avais pas conscience. Sinon, je m’intéresse beaucoup aux musiques latines, comme le tango, le fado etc. On est une famille de mélomanes qui s’est d’abord mise au piano avant de préférer la guitare. Mon père joue très bien, notamment du Dylan, qu’il nous chantonnait au berceau. Même aux Etats-Unis, il a toujours trouvé le moyen de faire des concerts. Et me voir sur scène aujourd’hui, ça le titille pas mal.
Ton premier album sort lundi. Crains-tu le téléchargement?
Sur MySpace, je n’ai pas autorisé le téléchargement de mes titres car je ne les avais pas encore protégés et je ne voulais pas me faire piquer des arrangements ou des textes. Aujourd’hui, je ne me sens pas de m’insurger contre le téléchargement ou ceux qui le font car c’est à chacun de faire en son âme et conscience. Pour l’instant, j’ignore si le téléchargement aura des conséquences sur les ventes de mon album. L’exemple de Radiohead, qui a su se servir très intelligemment du téléchargement, montre que le téléchargement ne dessert pas forcément les artistes. Personnellement, je n’ai jamais téléchargé de musique car je trouve la qualité bien moins bonne, je vais plutôt les acheter sur iTunes. En revanche, je télécharge des films, souvent vieux, et des séries.
Sur Monster.fr, et accédez en exclusivité aux toutes dernières offres, à des conseils personnalisés et des opportunités de développer votre réseau professionnel !