Xavier Darcos fait son mea culpa du bout des lèvres

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Publié le 17 février 2009.

EDUCATION - Une pétition demande la démission du ministre...

Il ne fait pas marche arrière, mais son pas semble moins sûr. Xavier Darcos a admis ne pas avoir impulsé comme il aurait fallu le faire la réforme du lycée. En visite à Corbeil-Essonnes ce mardi, le ministre a admis que «peut-être (...), nous avons tort de vouloir à tout prix faire partir du haut des systèmes et des réformes alors qu'il faudrait accompagner ce qui se passe dans (les) établissements». Une déclaration qui ne remet pas pour autant en cause le calendrier tant contesté de la réforme, puisque Xavier Darcos a affirmé qu'il n'était aujourd'hui question que d'«une interruption momentanée» et non d'un report.

Entre Darcos et les étudiants «c'est chaud»

Le ministre a également assuré que le travail continuerait «à la rentrée prochaine» tout en soulignant que la réforme de la formation des enseignants, censée entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2009, ne serait pas repoussée. «La mastérisation ne me paraît pas en soi poser un problème», a-t-il poursuivi, expliquant que les discussions avec les étudiants «se passent bien». «On n'est pas d'accord sur tout. C'est un peu chaud, mais ça se passe», a-t-il précisé.

Il a évoqué, «d'ici la mise en application complète de la réforme», une «année de transition» pour tenter de régler les difficultés des étudiants en cours de formation. «Ce n'est pas une guerre, cette affaire (...). Je répète que c'est un projet, ancien, pour lequel nous avons eu l'accord de tout le monde», a-t-il ajouté, en affirmant que la réforme permettrait une formation «plus complète que naguère».

Un climat (dé)tendu

«Le climat n'est pas exactement ce que je lis dans la presse», a conclu Xavier Darcos. Pourtant, le rapport de force se poursuit entre les personnels de l'éducation et de l'enseignement supérieur et leurs ministres. Une pétition demandant sa démission a récolté prés de 5.800 signatures. Elle a été lancée suite aux propos tenus par Xavier Darcos jeudi dernier. Le ministre, à la question de savoir si la réforme contestée de la formation allait être repoussée comme le demandaient les présidents d'université, avait répondu non et ajouté: «On va les trouver, les gens pour passer nos concours». «Moi, je n'ai pas absolument besoin d'entrer dans des discussions sibyllines avec les préparateurs à mes concours. Je suis recruteur. Je définis les concours dont j'ai besoin. Je garantis la formation professionnelle des personnels que je recruterai», avait-il ajouté. «Ces propos sont inadmissibles», dit la pétition.

Un nouvel appel à la grève et à manifester a été lancé pour le 19 mars prochain. Quatre dossiers de discorde sont sur la table: le décret réformant le statut des enseignants-chercheurs, la mastérisation de la formation des enseignants du premier et du second degré, les suppressions de postes à l'université à la rentrée 2009 et la défense des organismes de recherche comme le CNRS.
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