CULTURE - Humour, émotion et rapidité, les remerciements sont toujours une épreuve pour les stars couronnées. Petits conseils pour ne pas se couvrir de ridicule devant l'assemblée...
Début février, les organisateurs de la cérémonie des Oscars, qui se déroulera dimanche soir, ont prévenu les heureux nominés: en cas de victoire, le discours de remerciement devra être «bref, personnel et sincère». Un challenge de taille pour ce passage obligé qui peut parfois virer au cauchemar. Nos conseils pour faire bien et court.
Rapide, mais intense
Le discours de remerciement est le seul moment spontané d'un spectacle réglé comme du papier à musique. Certains sont d’ailleurs restés dans les annales de la cérémonie et cités en exemple. Comme celui de l’actrice Hillary Swank. «J'étais juste une petite fille qui vivait dans une caravane et faisait un rêve!», s’était-elle émue en obtenant son second Oscar d'actrice, en 2005.
Concis et émouvant, ce qui a évité à l’actrice la mésaventure de Cuba Gooding Jr., qui a remporté l’Oscar du meilleur second rôle en 1996. L’acteur avait dû crier par-dessus la musique de transition, sensée annoncer la fin de son temps de parole, pour terminer son discours.
En 2005, Jamie Foxx, vainqueur pour «Ray», avait prononcé un discours à la fois drôle et émouvant devant une salle conquise. Evoquant sa grand-mère disparue, il avait raconté comment elle lui avait appris à bien se tenir, y compris en le fouettant. «Et après m'avoir fouetté, elle me parlait, m'expliquait pourquoi elle m'avait fouetté, en me disant qu'elle voulait que je sois un homme bien, et elle me parle toujours aujourd'hui, quand je rêve. Et j'ai hâte de m'endormir ce soir parce qu'il y a beaucoup de choses dont nous devons parler», avait-il dit.
Emotion, anecdote et humilité semblent donc constituer le triptyque gagnant pour un discours réussi. A condition de ne pas en faire des tonnes.
Pas de naufrage lacrymal
Déjà parce qu’il est hors de question d’apparaître comme une souillon au rimmel ruisselant dans cette parade du rêve américain, en plus parce qu’un trop plein d’émotions peut noyer la lucidité et aboutir à des discours sans queue ni tête. L'actrice Sally Field est ainsi restée célèbre et parodiée pour ses exclamations: «Cette fois, je le sens (...) vous m'aimez, maintenant, vous m'aimez!», après avoir reçu son second Oscar, en 1985.
Secouée de sanglots et grimaçante (de joie), Halle Berry avait prononcé en 2002 un discours de plus de 2 minutes 30, cinq fois la limite autorisée, après avoir obtenu l'Oscar pour «A l'ombre de la haine». Elle y avait remercié tout le monde, dans un état second, y compris... son avocat.
Diffusés en direct, les Oscars ne sont pas pour autant un espace dans lequel le happening politique est bien vu. Récompensé en 2003 pour «Bowling for Columbine», le réalisateur Michael Moore s’était fait hué par la salle après avoir conspué George W. Bush et la guerre en Irak. Qu’on se le dise: les Oscars sont un spectacle familial, donc con-sen-suel.
Enfin, voici un conseil d’Ellen DeGeneres, animatrice de la cérémonie en 2007. «Soyons honnêtes, ce n'est pas que nous n'avons pas le temps d'écouter de longs discours, c'est que nous n'avons pas le temps d'écouter des discours barbants. Si vous n'avez rien d'intéressant à dire, vous n'avez qu'à inventer», avait-elle insisté (à voir en cliquant ici), conseillant par exemple de dire «que vous venez du Bronx». Et de conclure: «Mais bon, ne vous stressez pas pour ça, parce que vous ne gagnerez peut-être pas!»
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