OUTRE-MER - Le ton monte...
Le conflit se durcit aux Antilles. Et notamment en Guadeloupe et en Martinique, paralysées par les grèves contre «la vie chère» et par la
grogne contre les békés, ces Créoles blancs, descendants d'esclavagistes qui avaient colonisé la Martinique au XVIIe siècle.
En Guadeloupe, des milliers de manifestants ont défilé samedi après-midi pour maintenir la pression. «Le mouvement ne s'essoufle pas, il s'amplifie», a prévenu le leader du «collectif contre l'exploitation» (LKP), Elie Domota. Sourd aux appels d’assouplissement de la grève des élus locaux, il a lâché que «vu le nombre de gendarmes qui sont arrivés en Guadeloupe armés jusqu'aux dents, l'Etat français a choisi sa voie naturelle: celle de tuer les guadeloupéens comme d'habitude».
Victorin Lurel, président PS du conseil régional, et Jacques Gillot, président (app-PS) du conseil général, ont proposé l'octroi pendant quelques mois d'une «prime salariale» de 100 euros mensuels aux salariés touchant moins de 1,4 fois le SMIC. Selon eux, une telle mesure pourrait permette de relancer les discussions entre grévistes et patronat.
Pas question, a répondu le leader du LKP, appelant l'Etat et le patronat à «tenir leurs engagements» en paraphant l'accord signé la semaine dernière qui prévoit une augmentation de 200 euros pour les bas salaires via des exonérations de charges.
Même scénario
en Martinique. Plusieurs parlementaires — dont Alfred Almont (UMP), Louis-Joseph Manscour (PS) et Alfred Marie-Jeanne (MIM, indépendantiste) — avaient invité vendredi à «desserrer l'étau» de la grève. Mais en vain. Le collectif menant le mouvement a quitté les négociations samedi après-midi, après un différend avec la grande distribution. Un accord prévoyait une baisse de 20%, mais les distributeurs veulent l'appliquer à des articles spécifiques, les grévistes à des gammes de produits.
Alors que plus de 60% des Français pensent que les
tensions pourraient s’étendre en métropole, selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer
Yves Jégo a entamé samedi des consultations avec le Haut Commissaire aux solidarités, Martin Hirsch, pour accélérer la mise en place du RSA (Revenu de Solidarité Active) dans les
DOM.
AA avec agence