Les petites nations ont-elles leur place aux Mondiaux?

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Publié le 14 février 2009.

SKI - A l'écart des épreuves phares, les skieurs des nations mineures n'ont eu droit qu'aux qualifications...

De notre envoyé spécial, à Val d'Isère,

La scène s’est déroulée jeudi matin, dans le hameau de La Daille, bien loin des deux prestigieuses faces de Val d’Isère. Au pied de la piste où se déroulent les qualifications du géant messieurs, le président de la fédération internationale (FIS) est alpagué par un trublion. Un métisse élancé dont le visage a déjà fait le tour des bêtisiers. Avec quelques années en plus, on retrouve au bord des pistes Lamine Gueye, l'actuel président de la fédération sénégalaise qui dévalait en aux JO de 1992 la piste de Bellevarde… en chasse neige.

Plutôt remonté, cet opposant des institutions sportives internationales vient soutenir les skieurs au brassard noir, mécontents du sort qui leur est réservé. Selon Gueye, tous les représentants des «petites nations» n’ont rien à faire sur cette piste oubliée des spectateurs et des télés. Leur place est, comme il y a quelques années, au côté des Bode Miller et Benni Raich, sur la piste principale. Car depuis deux ans, tous les skieurs n’appartenant pas au top 50 mondial doivent nécessairement passer par des qualifications pour espérer prendre part à la course des grands.

Un gage de visibilité

L’esprit des Mondiaux est-il pour autant menacé? Gianfranco Kasper, le président de la FIS, refuse de l’admettre: «Pour ces skieurs, c’est mieux de ne pas s’aligner sur Bellevarde. La piste de la Daille est exceptionnelle.» Embarrassé par l’agitation de ses détracteurs, l’homme fort du ski alpin accepte néanmoins d’ouvrir le débat de la mise en lumière des nations mineures. «Bien entendu, c’est une question qu’il faut soulever. On peut augmenter le nombre de skieurs qualifiés (actuellement 25). Il y avait 57 pays représentés lors des qualifications cette année. C’est énorme.»

Il y a dix-sept ans, ils étaient plus de 130 à s’élancer sur Bellevarde et recevoir l’ovation d’un public qui oscille entre admiration et compassion pour ces skieurs approximatifs. Cette année, la descente hommes ne comptait que 38 inscrits. Avec un nombre de participants aussi réduit, difficile d’assurer la promotion d’un sport dans le monde entier. Même si elles font parfois sourire, les images d’Eric Moussambani, manquant de se noyer dans la piscine des Jeux de Sydney, ou celle de Lima Azimi, la sprinteuse afghane en jogging des championnats du monde de Paris ont au moins le mérite d’exister.

Et vous qu’en pensez vous? Les petites nations doivent-elles être représentées dans les grandes compétitions, au risque de se ridiculiser? Dites le nous en commentaire…


Romain Scotto
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