CRISE - Le LKP, qui défie le patronat depuis le 20 janvier dernier, a rompu les négociations avec les représentants de l'Etat...
Nouveau rebondissement en Guadeloupe, alors que l'île est entrée dans sa 24e journée de
conflit. Les discussions entre le collectif Lyiannaj kont pwofitasyon (LKP),
à l'origine de la grève générale, et les deux médiateurs désignés mardi par le Premier ministre François Fillon sont rompues jeudi.
«Nous ne reviendrons pas à la table des négociations s'il n'y a pas signature du pré-accord trouvé dimanche matin» a affirmé ce jeudi un dirigeant du LKP, Alain Plaisir, au sortir de la réunion avec les négociateurs, Jean Bessières et Serge Lopez. Le mouvement de grogne s'étend également à l'île de la Réunion qui appelle à une grève générale le 5 février.
Le LKP veut que l'Etat se mouille
Les six négociateurs du LKP ont affirmé jeudi qu'ils souhaitaient que l'Etat co-signe le pré-accord élaboré dimanche, à l'issue de plus de vingt heures de négociations avec le patronat. C’est une condition
sine qua non à la fin du conflit pour l’organisation, qui va tenir un meeting à Pointe-à-Pitre pour expliciter sa position. Une manifestation serait également en préparation pour samedi.
Ce pré-accord prévoyait 200 euros d'augmentation des salaires, en contrepartie d'un allègement de 108 millions d'euros de charges salariales. François Fillon
avait annoncé mardi dernier qu'il n'était pas question pour l'Etat de mettre au pot: «L'Etat ne saurait, à l'évidence, se substituer aux partenaires sociaux dans les responsabilités qui leur reviennent».
Le patronat ne veut pas de négociations globales
Après cette réunion avortée, les deux médiateurs pourraient rencontrer dès ce jeudi après-midi les six négociateurs
patronaux désignés par le Mouvement des entrepreneurs de Guadeloupe (MEG). Un MEG qui devrait réaffirmer à cette occasion son goût prononcé pour des négociations dans les branches, essentiellement l'hôtellerie de tourisme, et entreprise par entreprise.
Le patronat n'a jamais accepté de participer par le passé à des négociations globales avec les confédérations et centrales syndicales implantées dans l'île. Et il dissimule difficilement son hostilité au principe d'un accord interprofessionnel, qui s'appliquerait à l'ensemble des entreprises insulaires. Or cet accord a bien sûr la préférence d’Yves Jégo, surtout depuis que l'aimable coup de pression
de François Fillon.
Les élus locaux tombent de nouveau des nues. Une source proche du président du Conseil général Jacques Gillot s'est déclarée surprise par la rupture des discussions entre LKP et médiateurs. Elle rend très hypothétique une réunion entre élus et LKP, qui aurait pu constituer une nouvelle étape vers la fin du conflit. Plus aucune perspective d'issue à la grève générale ne se dessine actuellement.
La Réunion veut une augmentation des salaires
Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a appelé jeudi, à l'issue d'une réunion, à une journée de grève générale et de manifestation le 5 mars. Le Collectif a arrêté une liste de quatre «mesures immédiates» pour lesquelles il compte «mobiliser la population», notamment une hausse de 200 euros nets des salaires, a indiqué un de ses porte-parole.
Composé de 25 organisations (contre 13 lors de sa constitution mardi), le Collectif rassemble les principaux syndicats de l'île (CGTR, CFDT,CFTC, FO, FSU, UNSA), les partis politiques de gauche (PCR, PS, NPA, LO, Parti de gauche) ainsi que des associations (dont ATTAC, Agir contre le chômage, etc.). Sa première revendication porte sur «une augmentation de 200 euros nets sur les salaires, les minimas sociaux, les retraites et les bourses étudiantes». Il réclame également une «baisse de 20% des produits de consommation courante», un «gel des loyers sociaux» et, enfin, une «baisse de 5 euros sur la bouteille de gaz». Avec 750.000 habitants, la Réunion est le plus peuplé des quatre départements d'outre-mer.
Avec agence