SANTE - Ses derniers examens sont négatifs, il se dit «guéri», mais sa direction lui reproche d'avoir médiatisé son cas...
Il y a au moins deux certitudes dans l'affaire de l'agent SNCF qui affirme avoir contracté la
leptospirose à cause des rats à Saint-Lazare. La première, c'est que toute trace de la maladie a disparu chez lui. La deuxième, c'est qu'il va avoir des ennuis pour avoir
médiatisé son affaire.
Jacques* le confirme à 20minutes.fr: ses derniers examens sont négatifs. «Je suis guéri, grâce au traitement de mon médecin», assure-t-il. Lequel aurait même «fourni un certificat médical» à Sud-Rail. Le généraliste admet avoir établi un document «basé sur l'examen clinique et la première sérologie», mais rappelle que cette dernière peut très bien avoir été rendue faussement positive par un autre virus.
Quatre entretiens préalables à sanctions
Le fin mot de l'histoire ne sera donc sans doute jamais connu, mais aujourd'hui, ce qui inquiète Jacques*, ce n'est plus sa santé. «Il subit un harcèlement en règle de la part de sa direction», affirme Eric Bezou, membre du bureau Sud-Rail de Saint-Lazare. Le syndicaliste explique à 20minutes.fr que Jacques* «a été convoqué à quatre entretiens préalables à sanctions, pour des prétextes fallacieux». Les deux premiers ont donné lieu à un blâme et cinq jours de mise à pied.
«Je ne suis pas au courant de ces procédures», élude un porte-parole de la SNCF. Pas plus que de celle, en cours, qui reproche à Jacques* «d'avoir parlé aux médias», selon Eric Bezou. «Si c'est le cas, on peut comprendre qu'on lui demande des explications pour avoir flanqué la trouille pour rien aux 450.000 personnes qui passent par la gare chaque jour», rétorque le porte-parole.
«Si tu dois crever, crève en silence»
Pour Sud-Rail, Jacques «a agi par respect pour ses collègues». Il avait même pris soin d'informer la SNCF de son problème, «mais la direction a refusé d'appliquer le principe de précaution», explique Eric Bezou. «On m'a dit de ne pas en parler, raconte Jacques*. C'était: "Si tu dois crever, crève en silence"».
La SNCF dit être lassée de cette affaire. «Demandez à l'Institut Pasteur, on n'attrape pas la
leptospirose en Ile-de-France», s'agace le porte-parole. «De toute façon, poursuit-il, il ne risque pas grand chose: on ne se fait pas renvoyer comme ça de la SNCF.» Eric Bezou promet que Sud-Rail «protègera son déroulement de carrière et son contrat de travail». En attendant les
rats, eux, semblent avoir quitté Saint-Lazare.
* Le prénom a été modifié.
Julien Ménielle