Enseignants-chercheurs: nouvel appel à manifester après la réunion avec Valérie Pécresse et la médiatrice

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Publié le 11 février 2009.

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR - Claire Bazy-Malaurie veut «construire un texte nouveau» concernant le décret...

Un premier pas vers le dialogue. Claire Bazy-Malaurie, la médiatrice nommée sur le dossier des enseignants-chercheurs par Valérie Pécresse, veut «construire un texte nouveau» concernant le décret réformant leur statut. Mais il «sera probablement sur les bases du texte actuel». Sa mission se déroulera en deux phases: «Pendant deux mois, je vais recevoir tous les membres de la communauté universitaire, les organisations représentatives, les Conférences, etc., pour écouter, connaître leurs observations (...) et éventuellement leurs propositions», a-t-elle expliqué, à l'issue d'une réunion d'une heure avec la ministre de l'Enseignement supérieur et différents protagonistes du dossier. «Dans un deuxième temps, il me reviendra de faire des propositions pour des aménagements qui pourront, pourraient», a-t-elle précisé, «être apportés à ce projet de décret».

Après une journée de mobilisation réussie des enseignants-chercheurs et une séance de questions au gouvernement mouvementée (voir la vidéo), Valérie devait tenter ce mercredi de désamorcer la crise en recevant une bonne partie de la communauté universitaire et en lançant la mission de médiation de Claire Bazy-Malaurie. Présidente de chambre à la Cour des comptes, spécialiste des questions universitaires, cette dernière avait déjà été nommée en 2008 présidente du Comité de suivi de la loi LRU de 2007 sur l'autonomie des universités. Elle s'est entretenue avec la conférence des présidents d'université (CPU), les doyens et les syndicats représentatifs ayant accepté l'invitation (Sgen-CFDT, Unsa-Education, AutonomeSup).

«Je crois qu'on est à un tournant»

«Je crois qu'on est à un tournant», a réagi Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT à la sortie de la réunion. «Nous avons obtenu qu'une vraie négociation s'ouvre sur l'ensemble des sujets qui intéressent la communauté universitaire». Pour Yves Markowicz, co-secrétaire général de Sup'Recherche Unsa, «on a en face de nous une personne (la médiatrice, ndlr) ouverte au dialogue et qui nous dit qu'elle n'a pas d'a priori. C'est fondamental. Cela dit, sa mission est extrêmement limitée.» «On va demander une réforme substantielle du décret. Si le ministère est capable d'avancer on s'en sortira mais la situation est mal engagée et rien ne dit que le mouvement actuel se calme», a-t-il ajouté.

Reste que certains détracteurs du décret (organisations syndicales, collectifs, mais aussi une dizaine de présidents d'université) demandent purement et simplement son retrait. Le Snesup-FSU, premier syndicat, a ainsi refusé de se rendre à cette réunion, voyant dans l'ordre du jour «une mascarade». «Pour nous, la ministre a choisi d'être ministre. Elle porte la responsabilité des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche. Si ce n'est pas elle qui négocie, qui peut le faire?», a expliqué à 20minutes.fr Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup. Le syndicat réitère sa demande de retrait du décret et appelle donc à «intensifier l'action» tant que ce n'est pas fait.

Dans le même temps, la coordination nationale des universités se réunissait à Paris-VIII pour décider de la suite du mouvement. Elle a appelé à reconduire la grève «reconductible» et «illimitée» lancée il y a dix jours et se traduisant par grève des cours, rétention des notes d'examens, cours hors-les-murs, etc. Elle propose aussi l'«organisation d'une manifestation nationale réunissant l'ensemble du personnel éducatif à une date proche». Date qui sera précisée dans les «prochains jours», a déclaré à l'AFP Bruno Clément, professeur à Paris-VIII.

Le CNRS et les étudiants également remontés

Jeudi, la ministre devra aussi affronter les organismes de recherche, inquiets de leur avenir. Une assemblée générale de tous les personnels de recherche du CNRS est d'ailleurs prévue ce même jour. Cherchant à déminer également côté étudiants, entrés massivement dans les cortèges mardi et le 5 février, la ministre recevra, jeudi toujours, les cinq organisations représentatives, dont trois d'entre-elles (Unef, Fage, Confédération étudiante) avaient appelé à manifester mardi.

Thème de la rencontre, à laquelle participera Martin Hirsch, nouveau haut commissaire à la Jeunesse: la réouverture, à la demande du chef de l'Etat, du chantier «vie étudiante», qui portera sur le logement étudiant, la vie culturelle et sportive dans les universités, l'accès au savoir des jeunes handicapés et les conditions sociales et de vie des étudiants. Pour autant, les étudiants ont déjà prévu de se réunir en coordination étudiante ce week-end à Rennes pour envisager une suite à la mobilisation. Ils protestent notamment contre les suppressions de postes à l'université à la rentrée 2009 et contre la «masterisation» de la formation des enseignants du premier et du second degré.


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