SKI - La Française, à la peine depuis sa victoire à Aspen, reste la meilleure chance de médaille des Bleues lors du géant de jeudi...
De notre envoyé spécial à Val d'Isère,
On l'avait laissée il y a un peu plus de deux mois, le regard juvénile et le sourire jusqu'au cache-oreille. Sur le podium du premier géant de la saison, à Aspen, médaille d'or autour du cou,
la skieuse de poche du Grand Bornand offrait alors un succès rafraichissant à une équipe féminine sevrée de podium depuis plus d'une saison. A 19 ans, Tessa Worley s'imposait déjà comme une médaillée potentielle lors de ces Mondiaux. Rien ne semblait contrarier la trajectoire de cette championne en devenir. Mais pas encore confirmée.
Car depuis son coup d'éclat dans les Rocheuses, la Française s'est plutôt éteinte. Avant de s'élancer sur Bellevarde, mercredi matin pour la première manche de son géant, Worley n'a pas grand-chose à faire valoir. Une huitième place à La Molina, certes, mais surtout cinq dernières sorties au-delà du Top 20. Le sourire radieux d'Aspen a vite laissé place aux larmes de Cortina.
Sans son oncle
Cette baisse de régime s'explique en partie par les relations tendues entre l'un de ses oncles et l'encadrement fédéral. Olivier Chevallay, que la Franco-australienne présente comme son préparateur mental, n'est plus le bienvenu pour accompagner sa protégée sur le circuit. Il n'est d'ailleurs pas accrédité à Val d'Isère. Selon lui, cette mise à l'écart est à l'origine des déconvenues de Worley qui refuse d'ailleurs d'évoquer le sujet.
Le directeur technique de la fédération, Yves Dimier, a lui toujours conservé la même ligne de conduite: «Pendant les mondiaux et les (manches de) Coupe du monde, aucun parent ne peut approcher les athlètes.» Si le message n'est pas clair, un vigile à la mâchoire carrée se charge de l'expliquer aux visiteurs du Club France et de l'hôtel Tsanteleina où logent les Bleus.
«Je viens pour une médaille»
A moins de monter une structure privée avec son oncle, la géantiste est donc contrainte de se ranger dans le giron fédéral. Et de faire bonne figure devant les caméras. Celle qui reste malgré tout le plus grands espoirs de médaille tricolore mercredi, sur la Face de Bellevarde, vise même ouvertement un podium. «La gagne, c'est quelque chose de vraiment bien. Comme tout le monde, je viens aux Mondiaux pour une médaille.» Pour apaiser les tensions, ce serait aussi l'idéal.
Romain Scotto