Il est probablement le basketteur français le plus performant à l'étranger, hors joueurs NBA. A 26 ans, Hervé Touré est devenu une valeur sur du championnat italien qu'il fréquente depuis quatre saisons. A Cantù, où il a débarqué le 15 novembre 2007 après une expérience avortée à Milan, l'ancien Villeurbannais s'est affirmé comme un joueur majeur au sein d'une formation où il fait figure de vétéran.
Dimanche, il s'est encore illustré devant les caméras de Sky Sport 2 en étant le principal artisan de la victoire de son équipe à Avellino (61-65). Auteur de 20 points (à 8 sur 9 aux tirs) et 10 rebonds, il s'est fendu de son troisième double-double de la saison. Satisfait de la prestation de ses joueurs qui ont consolidé leur 5e place au classement, le coach Luca Dalmonte leur a accordé deux jours de repos. Hervé Touré en a donc profité pour faire une escapade à Lyon où réside sa famille et pour répondre à notre invitation. Il nous a ainsi confié son bonheur d'évoluer dans un club qui a su créer une « osmose » et avec lequel il ambitionne de réaliser une saison « aussi bonne, voire meilleure, que la précédente ». « Nous avons un groupe intéressant avec plusieurs éléments issus de la NCAA. Derrière Sienne et Rome, le championnat est très ouvert. »
La semaine prochaine, il affrontera Sienne, leader invaincu de la Lega, en quart de finale de la TIM CUP Final Eight, l'équivalent de la Semaine des As. « Sur un match, tout est possible », estime-t-il. Mais il peut s'attendre à être ciblé par la défense adverse, comme souvent cette saison. « J'ai étoffé mon jeu. Je peux défendre sur tout le monde, attaquer, faire des passes. Je suis un peu le deuxième meneur de l'équipe », souligne l'ailier-fort lombard dont les prestations auraient suscité l'intérêt de la fédération italienne (FIP) au point que son nom aurait été évoqué pour revêtir le maillot de la Squadra Azurra.
« C'est une rumeur qui a circulé, confirme Hervé Touré. Mais je n'ai pas le projet de devenir italien et je n'ai jamais reçu de propositions de la FIP, même si j'ai de bonnes relations avec son président, Dino Meneghin. »
Régulièrement oublié par les différents sélectionneurs de l'équipe de France, celui qui avait été appelé en A' il y a quatre ans ne ferme pas la porte à un retour en Bleu. « Je suis ouvert à la discussion. Je ne sais pas qui sera le prochain sélectionneur même si le nom de Vincent Collet circule. Mais quelle sera sa politique ? Qui fera l'équipe ? Le coach ou TP [Tony Parker] ? »
A propos de la star des San Antonio Spurs, qui a décidé la semaine dernière de s'investir à l'Asvel, Hervé Touré n'a pas souhaité s'étendre sur le sujet. « Avec son expérience, il pourra peut-être apporter quelque chose. Faut voir. »
Quoi qu'il en soit, l'ancien Villeurbannais n'envisage toujours pas un retour dans son club formateur. Il entend continuer à faire son chemin à l'étranger. « Il me reste une année de contrat optionnelle avec Cantù. Si j'ai des offres, je les étudierai. J'ai posé les fondations et je vais essayer de m'élever pour aller le plus haut. Le top serait de décrocher l'Euroligue. Lorsque tu gagnes ce titre, tu peux ensuite regarder de l'autre côté de l'Atlantique. » ■