Leur histoire d'amour a débuté par un échange de regards. Mais hier, devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, ils se sont évités. Amer, 28 ans, est jugé jusqu'à vendredi pour avoir brûlé vive, en 2005, Chahrazad, 21 ans, sa petite amie qui venait de le quitter.
Chahrazad, brûlée sur 60 % du corps, a décrit comment leur relation avait basculé dans la violence. « Il me criait dessus. Il ne voulait pas que les gens me voient dans mes habits de vendeuse au magasin de vêtements où je travaillais. » Jusqu'à ce dimanche de novembre. « Il est arrivé en voiture. Il m'a couru derrière et m'a aspergée d'essence. Tout mon corps a pris feu. J'ai essayé de me mettre par terre pour l'éteindre, mais je n'y arrivais pas. »
L'accusé, qui est resté prostré un long moment, s'est souvenu des moments « intenses », selon lui, de leur relation. Comme le jour de leur premier baiser. « Ses yeux brillaient comme des diamants. » Puis il s'est lancé dans le récit du drame. « Je voulais lui parler. Je lui ai dit qu'elle me brûlait le coeur. Le bidon, je l'avais sorti pour moi, pas pour elle. Et puis je me suis dit qu'il fallait qu'elle sente ce que j'éprouvais. » Amer a demandé pardon. Mais, trop éprouvée, Chahrazad avait quitté la salle d'audience depuis longtemps. ■■Carole Bianchi